Stairway To The Sun


 
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 [Novembre 1996] Dead to the world (Chris&Wesker)

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Chris Redfield
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MessageSujet: [Novembre 1996] Dead to the world (Chris&Wesker)   Mar 20 Avr - 0:21

Close your eyes
Feel the ocean where passion lies
Silently the senses
Abandon all defences

The place between sleep and awake
End of innocence
Unending masquerade
That`s where I`ll wait for you

Hold me, near you
So closely, sear you
Seeing, believing
Dreaming, deceiving

Sleepwalker seducing me
I dared to enter your ecstacy
Lay yourself now down to sleep
In my dreams you`re mine to keep




    Plongé entre la vie et la mort, Chris vivait -si l'on ose dire- une expérience dont il ne pouvait saisir la beauté.
    Son esprit confus se refusait à mourir sans parvenir à s'extirper de l'entre-deux mondes diffus et douloureux pour revenir à la vie. Le jeune homme luttait sans s'en rendre compte, tel un automate dont la fonction la plus élémentaire serait l'insoumission, il voulait vivre.

    Et pourtant l'appel de la mort séduisait son inflexible volonté, la tentation du noir et du silence éternel. Cruels chants de sirènes. Que cessent enfin ces éclairs lumineux et agressifs et que disparaissent ces vagues sensations qui le submergeaient sans qu'il ne puisse les comprendre! Il était devenu un être passif, prisonnier de son propre corps. Impossible de réfléchir, d'appeler la raison au secours.

    Il avait l'impression d'être couché, de bouger rapidement. Il percevait des sons, des voix qui lui semblaient venir de très loin, comme un vieux souvenir. Il luttait pour garder les yeux mi-clos, ils ne lui renvoyaient que d'étranges tâches de couleurs sans formes définies.

    Il n'était même pas conscient de sombrer. La douleur le quittait, petit-à-petit, les couleurs aussi. Avant de s'engouffrer dans les ténèbres de son esprit, il parvint à serrer la main qui tenait la sienne. Les échos de voix autour de lui se muèrent en silence et il n'était plus.

    « Chris! Non, Chris! »

    « Christopher!  Répondez, imbécile! Réponds-moi»

    « Chris.. »

    Je ne veux pas mourir, moi non plus, mais ce n'est pas la peine de faire tant de bordel.


    Le coup de feu avait été sec, douleur aigüe puis lente agonie qui l'avait égarée loin de lui-même. Il s'était perdu dans les sentiers étranges de l'inconscience et ne parvenait pas à définir cet univers avec les mots et les concepts du monde tangible.
    Mais rien n'avait été aussi désagréable et humiliant que le réveil.

    Il ouvrit les yeux et les referma aussitôt, foudroyé par un éclair blanc. Complétement abruti par la morphine, Chris se sentit possédé par une force qui le dépassait, submergé par un courant puissant qui lui donnait la nausée et prenait possession de lui. Il balbutiait des paroles qui n'avaient sans doute aucun sens, il ne parvenait à s'arrêter. Il était en vie et ce flots de paroles lui était vital.
    Il devait ressembler à un drogué hallucinant ou à la Pythie de Delphes tombée en transe. Il tournait sans cesse la tête, nerveux, la bouche pâteuse. Il essayait d'appeler à l'aide, de crier. Il ne comprenait rien. Instinctivement, il savait que ça n'était pas son état normal, qu'il avait besoin de secours. Où était le monde, les autres?
    Était-ce ça, la naissance? Quitter au prix d'un combat déchirant ce chemin informe et gluant, cet état de semi-conscience pour devenir pleinement soi-même? Seul.

    Il ouvrit les yeux sans cesser de jacasser, la bouche pâteuse. Une main s'était posée sur son front et il lui semblait qu'on lui parlait. Il voyait vaguement la personne, un humain, mais ne pouvait l'identifier. La lumière lui fusillait les yeux. Les sons lui parvenait comme si il était sous l'eau. Sur le moment, sans qu'il ne puisse l'expliquer, cela lui parût incroyablement drôle et il rigola faiblement, grimaçant un sourire.
    Le feu envahit son ventre, une épée le transperçait de part en part et le chevalier -qui devait être particulièrement sadique- la faisait tourner, broyant ses organes internes. Il se convulsa, se redressa soudainement, cria et vomit sur le côté, le corps et l'esprit déchirés en deux.
    Il sentit qu'on l'empoignait, il entendit des voix et ce fut le noir de nouveau.




    Plus tard, il décrirait cette expérience à Joseph comme une sorte de transe mystique, sans mentionner les vomissements qui le brisèrent à son réveil.

    Son second réveil fut beaucoup plus doux. Il ouvrit les yeux lentement et cette fois, c'est le monde qui était plongé dans la pénombre. Il ne distinguait pas grand chose, son esprit encore trop abruti pour comprendre. Il poussa un gémissement et essaya de se redresser, en vain.

    Fais chier.... Mais qu'est-ce qui m'est arrivé?

    Une ou deux minutes passèrent, il faisait bien attention à garder les yeux mi-clos, bien décidé à rester dans ce monde. Il respirait difficilement, la bouche entre-ouverte, essayant de ne pas paniquer. Puis, il ouvrit les yeux complétement et d'un seul coup, comme un jeune enfant qui, remontant à la surface de la mer, inspire un grand coup, narguant la mort.

    Il était dans une petite chambre aux volets à moitié fermés qui n'était pas la sienne, couché sur un lit bien moins grand que le sien.
    Une chambre d'hôpital.

    Chris fronça les sourcils. Il essayait de se souvenir, de comprendre pourquoi il était là et surtout pourquoi son corps entier le lançait. Il toussa et grimaça, surpris par un spasme de douleur.

    « Putain de merde.... la moto? »

    Chris déploya tous ses efforts pour tourner la tête et frôla la mort une fois encore.
    Un homme étrange avec des lunettes de soleil le fixait, son visage de marbre ne trahissant aucune émotion. Il était assis sur une chaise, en silence, les jambes croisés. Chris le regardait avec de grands yeux, la bouche tremblante.

    La mafia? Lucifer? Ma tête... ma tête...

    Il siffla de douleur, sûr que son cerveau venait de se fendre en deux comme une noix de coco. L'homme ne bougea pas et Chris se souvint subitement que cet homme bizarre n'était que -si j'ose dire- son supérieur.

    « Wesker..? »



    Chris toussa, siffla de nouveau et continua, la voix rauque mais l'esprit bien plus clair :

    « Je crois que mon cerveau a fondu... vous pouvez peut-être m'expliquer ce qu'il s'est passé? »


Spoiler:
 

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Albert Wesker
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MessageSujet: Re: [Novembre 1996] Dead to the world (Chris&Wesker)   Mer 28 Avr - 22:20

Do you cry to the heaven's high
when you're confined in here?
Do you not ever wonder
why these leaden tears will never dry?
They’ll leave behind so many shadows in my mind

High in the sky, all of the clouds are passing by
Wait for this storm, wait for the rain,
and wait for the tears to fall down on me


Il faut savoir rester calme et contrôlé; il faut savoir masquer ses émotions; il faut savoir mentir; il faut savoir cacher; il faut savoir dissimuler; il ne faut jamais s'attacher. Préceptes simples, intelligents, logiques, faciles à appliquer pour qui s'en donne la peine. Généralement, l'humain n'y parvenait guère. Il échouait même lamentablement. Qui n'a pourtant jamais regretté de s'être attaché ? Qui n'a jamais regretté d'avoir aimé ? Encore une fois, l'humain démontrait la seule et unique caractéristique qui lui est propre: il répète éternellement ses erreurs. C'est pourquoi il avait décidé de ne pas s'attacher. Il n'avait pas grand chose d'humain, bienfait ou malheur, il s'en moquait, le fait était là. Il était bien capable d'ignorer cette masse grouillante de bêtise, alors jamais il n'aurait à surmonter un problème aussi trivial. Enfin, ça, c'est ce qu'on lui avait fait croire. Présenter l'amour ou l'amitié comme de lointaines et dangereuses cousines, inutiles, futiles, frivoles, jumelles, car toutes deux superflues; lui inculquer des vérités évasives: «l'amour n'existe pas», «les Humains se perdent en inutilités», «le cœur humain est une machine bien peu performante», voilà ce qu'ils avaient fait. Il ne se souvenait pas y avoir vraiment cru. Il ne savait pas. Pour lui, les mots amour, fraternel ou pas, amitié, superficielle ou pas, n'existaient pas. Et il redoutait, son esprit embrumé les avait fait synonymes de dépendance.
Oh, dépendance, comme s'il l'avait évitée !

Une éducation pleine de contradictions et une enfance innommable. Les causes même de son impuissance. Ah, on pouvait bien se targuer de dépasser les 120 de QI si c'était pour se retrouver dans une situation aussi lamentable. Son regard dépouillé de tout verre teinté allait du fond du lit jusqu'à la tête enfoncée dans le coussin immaculé. Puis il revenait lentement sur ses pas, fixait la petite carte décrivant l'état du malade, se promenait entre les divers instruments médicaux et venait se planter là, entre les deux yeux inexorablement clos. Il les voyait tantôt ouverts, le dévisageant, une once de reproche et de haine émanant de leurs pupilles, parfois il les imaginait le considérant avec respect, admiration, comme avant. Mais jamais il ne les voyait fermés. Pourtant, il lui arrivait de se demander si il ne vaudrait pas mieux. Ce qu'il vivait ressemblait à un lent cauchemar. C'était bien ennuyeux de se retrouver face à un homme que l'on ne veut pas aimer, face à une créature que l'on méprise et pourtant, de ne pas songer une seule seconde à l'abandonner. C'était bien ironique, oui. Son esprit, vidé de toute culpabilité, ne songeait qu'à une seule chose: trouver une solution. Comme un jeune enfant s'échinant vainement contre un insoluble problème de mathématiques, il se débattait, tentait d'échapper aux cordes qui l'enserraient mais n'y parvenait pas. On ne doit pas s'inquiéter, ni estimer, et encore moins aimer un humain. C'est comme ça.
N'y avait-il pas des exceptions à toutes les règles ?

Il esquissa un geste machinal et planta ses lunettes sur le bout de son nez. La lumière disparut complétement, il n'y fit pas réellement attention, alors que son regard s'était entièrement porté sur le corps agité. Son inertie l'avait entièrement quitté, et Chris semblait en proie à de terribles cauchemars. Il s'était éveillé, quelques heures avant, mais un lourd sommeil l'avait rapidement rattrapé sans qu'il n'ait le temps de lui annoncer quoi que ce soit. A présent, et si il paraissait plus calme, son agitation le reprenait. Il se leva avec lenteur, cependant, prenant un temps conséquent afin de regagner l'intégralité de ses sens. Lui qui aimait tant le Monde, ah, il devait lui paraître étrangement lointain ! Les yeux encore noyés et le teint blafard -ils devaient avoir le même à présent- Chris prononça quelques mots incompréhensibles et se posa. Ses pupilles firent le tour de la salle, il comprit sans doute qu'il ne se trouvait pas dans sa si chère demeure, mais bien dans le pire des endroits; l'hôpital. Quelle ironie, oh, vraiment quelle ironie.

A sa plus grande fureur, il ne put réprimer un très léger, imperceptible frisson lorsque le regard éperdu du malade se posa sur lui. Sur lui s'étaient enfin concentrées les magnifiques pupilles du jeune homme. Ce fut étrange, un peu comme si, finalement, il avait toujours attendu ce moment, malgré ses hallucinations. Elles étaient plus jolies que dans ses souvenirs, d'ailleurs. Chris ne tarda pas à reprendre tout à fait conscience, bien qu'il n'eut pas l'air aussi énergique que d'habitude et afficha son éternel air déterminé. (mais quelle raison avait-il à être déterminé ?). Il siffla alors de douleur et Wesker fut bien forcé de constater qu'il semblait à peine le reconnaître.

« Wesker..? »


Ah. Chris revenu à la vie. Il n'afficha pas de sourire mais acquieçsa simplement, sans plus d'épanchements. Il se sentait prêt à toucher Chris, et ça, ce n'était absolument pas normal. Il rassembla tout son courage et le muta bien vite en neutralité froide.

« Je crois que mon cerveau a fondu... vous pouvez peut-être m'expliquer ce qu'il s'est passé? »

Ce fut au tour de Wesker de siffler. D'agacement, cependant.

« Tu es inconscient Chris. Tu ne te souviens pas du tout ? Toi, jouant au héros et te jetant sous les balles ? Dommage, vraiment, c'était un beau tableau...»


Il en avait déjà bien trop dit. Pas de démonstration, on avait dit.

« Chris, je te veux en forme dans une semaine....Et arrête le self sacrifice. C'est inutile »

Il se mordait la lèvre; une impression étrange l'envahissait, exactement comme s'il se comportait pas de la manière attendue. Il parlait trop, il s'exprimait trop. Il n'aurait jamais dû entrer pour commencer ! Pourquoi avait-il poussé cette maudite porte ? Pourquoi n'avait-il pas délégué quelqu'un ? Pourquoi avait-il conseillé aux autres S.T.A.R.S de venir un autre jour ? Pourquoi avait-il voulu assister au réveil de Chris ?
Ne pas comprendre, voilà ce qu'il y avait de pire dans les sentiments humains.

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MessageSujet: Re: [Novembre 1996] Dead to the world (Chris&Wesker)   Dim 27 Juin - 0:44

Despite the lies that you're making
You'll never be alone
When darkness comes I'll light the night with stars
Hear my whispers in the dark


    Dans son enfance, Chris avait fait les Scouts. Il n'avait pas honte de le dire, bien qu'il ne s'en vantait pas non plus. Il gardait un bon souvenir et se rappelait avec joie des longues excursions en forêt et l'impression rassurante qui envahissait son cœur lorsqu'il se sentait utile.
    Bien qu'il ait toujours adhéré à la plupart des valeurs transmises par les BSA(1*), que ce soit l'honnêteté ou la volonté d'aider son prochain, Chris n'avait jamais pu se débarrasser de son petit côté individualiste. Et il ne souvenait pas non plus d'avoir assisté à une messe pleinement éveillé.

    Il avait rejoint l'armée sans avoir l'esprit de groupe, pensant qu'un pilote de chasse pouvait aisément s'en passer. Il avait eu tort et aujourd'hui encore il avait du mal à admettre que les reproches et avertissements de son père avaient pu être légitimes. Peut-être qu'il n'avait jamais été fait pour l'armée.
    Il ne parvenait pas à suivre un ordre sans le comprendre, ni à faire corps avec les autres, à s'oublier soi-même pour intégrer un tout obéissant et discipliné.

    Il avait espéré que ce serait différent, aux STARS. Qu'un effectif réduit lui permettrait de se sentir plus libre. C'était effectivement le cas mais aujourd'hui, cloué à son lit d'hôpital, Chris mesurait pleinement les conséquences de son manque de discipline.
    Regrettait-il ?



    Je ne me rappelle pas exactement ce qui s'est passé.. Je déciderai de cela plus tard

    Et d'après le sifflement agacé de Wesker, il n'en apprendrait pas davantage ce soir.

    Chris ne put s'empêcher de sourire en contemplant le dos de son boss. Wesker avait quitté son livre et sa chaise pour faire face à la fenêtre, aussi silencieux et immobile qu'un chat contemplant quelque chose invisible aux yeux des humains.
    Il ne s'attendait vraiment pas à le voir à son réveil. Croiser Brad au Crazy Horse l'aurait bien moins surpris, et c'était dire quelque chose.

    Imprévisible Wesker, comme un éclair qui vous foudroie à n'importe quel moment.

    Sa taille fine et son maintien élégant, presque aristocratique, lui rappelaient vaguement ceux d'une panthère (Bagheera pour être précis) mais sa froideur, sa méfiance naturelle et son regard envoûtant...

    Un serpent, pas de doute. Wesker était un Kaa.
    Un animal majestueux à sa manière, craint de tous, que seul un fou suicidaire approchait volontiers.

    Ou un aventurier un peu trop curieux.

    Ou un homme sous l'emprise du charme peu commun de l'animal.

    Chris cligna des yeux et esquissa un petit geste nerveux à cette pensée. Il avait une soudaine et inexplicable envie de fumer. Maudites soient ces fichues règles d'hygiène et de sécurité...

    En temps normal, le tireur d'élite refusait catégoriquement de laisser son esprit s'attarder sur l'énigme qu'était son boss. Il ne parvenait jamais à trouver de réponses à ses questions et il finissait bien souvent par se surprendre lui-même. Sans parvenir à savoir si ça lui plaisait ou non.

    Après tout, ne venait-il pas de penser à «la taille fine» de Wesker ?



    ..Doit être à cause de la morphine.

    «
    Tu es inconscient Chris. Tu ne te souviens pas du tout ? Toi, jouant au héros et te jetant sous les balles ? Dommage, vraiment, c'était un beau tableau...»

    La voix traînante de son supérieur le ramena brusquement à la réalité. Si il avait senti le regard appuyé de Chris, il n'en avait rien laissé paraître.
    Mais Wesker ne laissait jamais rien paraître.

    Salaud.

    « Chris, je te veux en forme dans une semaine....Et arrête le self sacrifice. C'est inutile. »

    Habituel refrain qu'on lui avait si souvent asséné sans chercher à comprendre.
    "Self sacrifice", "complexe du héros" et autres stupidités qui n'avaient aucun sens.

    «Tu.. Vous ne me mimez pas la scène? Dommage. A qui ai-je eu l'honneur de voler la vedette, Wesker? Ne m'épargnez au-cun détail!», railla Chris.

    Wesker haussa un sourcil interrogateur. Enfin, Chris ne pouvait que supposer qu'il l'était puisque son regard était toujours occulté par ses lunettes de soleil qu'il ne semblait jamais quitter. Même pas la nuit.

    Salaud

    « C'est bien ce que tu penses, mh? Que j'ai fait ça pour me mettre en avant. Vous devez croire que je joue au martyr pour.. la gloire ou une connerie du genre?!
    Eh bien vous n'y êtes pas du tout Wesker. J'ai fait ça parce que c'était juste, parce
    j'estimais que c'était nécessaire. Je n'y réfléchis pas, je ne calcule pas, j'agis par instinct.
    »

    Chris s'était légèrement relevé, refusant de perdre la face. Son esprit était toujours embrumé et, à dire vrai, il ne savait pas pourquoi il avait fait ça puisqu'il ne s'en souvenait pas. Mais il se connaissait assez bien pour savoir pourquoi il aurait pu agir de la sorte. Il se faisait confiance, à tort ou à raison.
    Il ne s'était pas rendu compte, emporté par sa colère, qu'il avait alterné entre le tutoiement et le vouvoiement (*²)
    Quelle impression désagréable il ressentait devant son supérieur, sans parvenir à définir tout à fait les ingrédients de cette étrange mixture : fascination, rejet, dégoût, admiration... Il refusait d'y voir une figure paternelle, ne voulait pas en faire un héros et ne pouvait concevoir un homme aussi peu commun comme un simple supérieur.

    Leurs relations ne seraient jamais normales, c'est la seule chose dont il était à peu près sûr. Elles seraient bonnes ou exécrables, jamais «normales»



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MessageSujet: Re: [Novembre 1996] Dead to the world (Chris&Wesker)   Mer 18 Aoû - 17:27

    C'est agaçant un héros non ?

    On en trouve partout, un peu comme les blattes, ou les cafards. Ces petites choses éternelles, immortelles, terrifiantes qui hantent les meilleurs livres comme les chefs d'œuvres cinématographiques. Des parasites qui réussissent tout sans difficultés, à qui le sacrifice ne pose aucun problème, aux valeurs morales et immuables, rigides, droites, justes, parfaites. Des humains inhumains tant ils sont bons, la compréhension même, la rigueur, la loyauté, le courage réunis en un seul être. La bravoure d'un lion, l'intelligence d'un aigle, la beauté d'un chat, ces gens insupportables, jalousés, mais jamais vengeurs. Le ressentiment les épargne, la haine les évite. Ils sont héroïques et pardonnent, oublient. Roi de l'absolution, ils excusent, grands miséricordieux, ils gagnent sans gloire. La fierté seule ne les intéresse pas, ils sont aimables, doux, gentils, serviables, amicaux, on les aime, on les admire, on les respecte.

    Et on vous dit que ça existe.

    C'était à prévoir, mais Wesker n'y avait jamais cru. Même dans l'enfance la plus innocente qu'il ait vécu -et elle était cela dit, bien loin d'être innocente- il n'y avait jamais cru. Il était ce genre d'enfant agaçant qui balançait les Marvel contre les fenêtres en arguant que « rien de tout ça n'existait » (assez ironique pour un enfant ayant grandi avec Umbrella de clamer que l'incroyable Hulk n'était qu'extrapolation de scénaristes imbibés, mais passons)
    Jusqu'à l'année 1995, tout était allé parfaitement bien de ce côté là. Wesker, avec ses opinions immuables n'avait pas changé d'avis, surtout pas en grandissant.
    Puis vint le problème n°153, j'ai nommé Chris Redfield.

    Chris Redfield, c'est ce genre de héros agaçant, héros courageux, héros fonceur, héros stupide. Le héros imparfait, pire encore que le Gary Stu tant il est attachant. Le type que tout le monde aime, parce que le mépriser fait de vous le pire des abrutis, parce que l'ignorer est impossible à moins d'être la pire taupe du commissariat. Chris Redfield, un petit côté superman, assaisonné du complexe du sauveur attribué à Batman. Insupportable.

    « C'est bien ce que tu penses, mh? Que j'ai fait ça pour me mettre en avant. Vous devez croire que je joue au martyr pour.. la gloire ou une connerie du genre?!
    Eh bien vous n'y êtes pas du tout Wesker. J'ai fait ça parce que c'était juste, parce
    j'estimais que c'était nécessaire. Je n'y réfléchis pas, je ne calcule pas, j'agis par instinct.»


    Très louable.
    Ah vraiment très très louable.
    Visiblement, Chris était un homme d'instinct. Il le disait lui-même d'ailleurs. Et dans l'esprit étrigué de Wesker, « homme d'instinct » c'est relativement péjoratif. Disons que vous préféreriez éviter qu'il vous qualifie de la sorte, pour votre ego.

    « J'ai jamais pensé que tu avais fait ça pour la gloire » dit-il calmement

    Il espérait vainement (certainement) que Chris baisserait la voix, en constatant que son chef de lui voulait pas de mal. Mais il en espérait probablement trop de la jeune recrue, il semblait bien décidé à perdre sa place, un peu comme à chaque fois qu'il lui adressait la parole. Bien que ça lui coûte beaucoup de faire une telle chose, Wesker était obligé de calmer le jeu, la plupart du temps. Il ne fallait pas que Redfield quitte le STARS.

    « J'ai tout de suite pensé que tu avais agi par instinct... »


    Il esquissa un bref sourire, qui disparut aussi vite qu'il était venu.

    « Tu es un homme d'action... agir avant de penser... un peu bestial, mais enfin, je suppose que c'est rassurant, pour les autres. Il y aura toujours un imbécile pour se sacrifier à leur place »

    Ce qui était fait était fait. Il n'avait pas à regretter, et puis, Chris était un adulte, assez mature pour comprendre qu'engager un débat de ce genre avec son supérieur, c'était une idée risquée. Surtout lorsque le dit supérieur est de sale humeur.

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Chris Redfield
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MessageSujet: Re: [Novembre 1996] Dead to the world (Chris&Wesker)   Jeu 5 Mai - 14:58

I'm falling through the doors of the emergency room
Can anybody help me with these exit wounds
I don't know how much more love, this heart can lose


    Le point commun de toutes les religions, hormis la croyance plus ou moins raisonnée en une ou plusieurs divinités, est leur fâcheuse tendance à nous rappeler que la colère n’est pas une vertu et que la tempérance peut –soi disant- vous sortir de bien des situations désavantageuses.

    La première fois qu’il avait rencontré son supérieur, il avait compris la signification réelle du mot tempérance.
    Il avait aussi décidé que jamais il ne pourrait acquérir cette qualité, malgré les nombreux sermons de son entourage et les efforts qu’il avait essayé un temps de fournir. Sans être l’une de ces grandes gueules qui vocifèrent contre la pluie comme le beau temps, il reconnaissait que son mode d’action était avant tout guidé par l’instinct et la passion.

    Cela ne lui paraissait absolument pas anormal. Jusqu’à un certain moment, il avait même considéré toute personne ne partageant pas ses idéaux avec la même férocité tantôt comme de lâches guimauves (ses camarades timorés à l’armée) tantôt comme des abrutis finis et blasés (la majorité des gradés).

    Puis vint la révélation Wesker. L’admiration qu’il nourrissait pour l’Homme n’était –ironiquement- un secret que pour lui-même. Il se rappelait leur première rencontre avec difficulté, encore embarrassé et impressionné par le seul souvenir de cet homme, non pas froid et distant comme il avait pu l’être par la suite, mais posé et attentif. Le geste était naturellement élégant et le discours mesuré, rationnel et terriblement intelligent. Un tel type, avait-il pensé, ne peut pas travailler dans la police. Il ressemblait plus à une sorte de Lucius Fox ou encore à un conseiller de grands décideurs, une sorte éminence grise.

    Pour la première fois de sa vie, il avait éprouvé du respect pour l’autorité et ce sans aucune autre preuve qu’une poignée de main et un bref entretien. Aujourd’hui encore, il n’était pas tout à fait satisfait de sa situation pour le moins trouble. Comment se faisait-il que les autres n’aient pas ressenti avec la même force l’impact du charisme et du charme presque inhumains de leur chef ? Il y avait toute une mystique chez cet homme capable de le gêner sans dire un mot qu’il rêvait de percer à jour, comme pour se libérer enfin de son emprise et retrouver son recul et sa pleine liberté.

    Lorsque Chris avait trouvé le courage d’en parler à ses collègues, quelques mois après cet épisode, la majorité d’entre eux avait échangé des regards complices et amusés ou éclaté de rire jusqu’à l’étouffement (Forest pour ne pas le nommer). Il s’était alors amèrement juré de ne plus jamais aborder le sujet et ce d’autant plus que Wesker avait entre temps montré des facettes de sa personnalité bien moins admirables. Dorénavant, il garderait le contrôle devant lui, et ce en toute circonstances.

    Raté.

    Oh, il avait déjà échoué bien avant son hospitalisation, qu’il s’en soit pleinement rendu compte ou non. Il avait seulement imputé ses quelques pertes de contrôle à l’injustice criante des situations (« il faut bien que quelqu’un fasse quelque chose, il abuse ») et les considérait comme mineures.
    Cependant, il ne pouvait plus le nier présentement. Wesker serait toujours plus fort que lui à ce jeu là. Contrôlé comme un Bouddha, détachés des tribulations humaines et doté d’une ironie cruelle et mordante, il appartenait –dans l’esprit embrumé et vexé de Chris- au monde des vampires et non des humains.

    « Tu es un homme d'action... agir avant de penser... un peu bestial, mais enfin, je suppose que c'est rassurant, pour les autres. Il y aura toujours un imbécile pour se sacrifier à leur place »

    Il aurait dû sentir le rouge lui monter aux joues, ses mains trembler, la colère le submerger. Tant de mépris et si peu d’empathie devaient le faire sortir de ses gonds.

    Et pourtant. Pourtant il n’en fit rien. Il ne baissa pas la tête et continua de fixer celui qui semblait à tout prix vouloir éviter son regard. Mais il n’était absolument pas, pour une raison qu’il ne parvenait pas à déterminer, enragé. Cette phrase cassante, et ce n’était pas la première de Wesker, l’avait blessée et quelque part, il se sentait même triste pour cet homme qui semblait si mal à l’aise et donc cruel avec ses pairs.


    Ouais. On dirait un chat blessé. Un chat tout noir avec un bout d’oreille en moins et un œil crevé.


    Toutefois, Chris, malgré son ton emporté, s’était plus ou moins confié et ouvert à son chef. Quelque part, il avait espéré une autre réponse, bien qu’il refusait encore de se l’avouer.

    « Je te plains » murmura-t-il, cachant difficilement sa mine désappointée. Voyant que Wesker avait détourné la tête, les sourcils froncés dans une expression d’interrogation, il s’empressa d’ajouter :

    « Je voulais pas m’énerver, mes excuses »

    Il serra la mâchoire un instant et ses mains étaient crispées les draps du lit, il rougit de rage en songeant à ce qu’il avait envie de dire car c’était l’illustration parfaite de l’échec de ses stratégies déployées afin de mettre de la distance entre lui et Wesker. Finalement, cédant à un besoin plus fort qu’il n’aurait dû l’être, il lâcha :

    « Je savais que tu ne comprendrais pas, de toute manière. Que tu ne serais pas satisfait. »

    Il n’avait même pas réussi à dissimuler l’amertume de sa voix. Son émotivité le faisait rager et il ne savait pas s’il espérait que l’autre mette ça sur le compte des médicaments ou non.

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[Novembre 1996] Dead to the world (Chris&Wesker)

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