Stairway To The Sun


 
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 [Mars 1996] Hey, ain't it good to know that you've got a friend? (Chris&Jill)

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Chris Redfield
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MessageSujet: [Mars 1996] Hey, ain't it good to know that you've got a friend? (Chris&Jill)   Ven 16 Avr - 19:41

    Cette fille ne peut pas me voir, c'est sûr.

    Chris ruminait ses sombres pensées encouragé par un élan de paranoïa.
    Lui et Jill Valentine étaient seuls dans le bureau des STARS mais ne se parlaient pas, chacun lisant leur magazine sans faire attention à l'autre. Leurs bureaux étaient placés de manière à ce qu'ils soient dos-à-dos mais Chris s'était affalé dans le fauteuil de Wesker, profitant de l'absence de ce dernier.
    Son siège, qui ressemblait plus à un trône de cuir noir, était situé au fond de la pièce, bien au centre, et Chris pouvait donc observer le dos de l'experte en explosif tout en prétendant lire sa revue moto favorite. Le fauteuil du boss, en plus de lui fournir une vue avantageuse, était bien plus confortable que le sien et si il prenait soin d'enlever toute trace de son passage (notamment ses cheveux) le capitaine ne remarquerait sans doute rien.

    Chris, arrivé en février, était encore « le petit nouveau » chez les STARS bien qu'il considérait avoir fait de son mieux pour s'intégrer. Il s'était toujours montré sous son meilleur jour, souriant et toujours prêt à rendre service et avait déjà fait ses preuves lors d'une mission particulièrement délicate la semaine d'avant. Il avait même arraché un « félicitations » à son capitaine qui l'avait fait sourire (et rougir bien qu'il ne l'admettrait jamais) jusqu'aux oreilles. En un mois, Chris avait déjà pris ses marques, il s'était fait quelques potes et savait parfaitement localiser la cafétéria.

    Mais il restait "le problème Valentine". Jill était resté froide lors des présentations, fuyante même. Il avait d'abord mis ça sur le compte de son charme dévastateur. La pauvre demoiselle avait peut-être été impressionnée par tant de prestance? Mais même lui n'y croyait pas, et il ne s'estimait pas tant, en vérité.

    La réalité était plus dure et bien plus crédible : elle le méprisait.

    Sans raison.


    Et supporter la tronche de Valentine commençait sérieusement à l'énerver. Le problème étant qu'il ne voulait PAS se mettre en colère. Il se connaissait assez pour savoir qu'une fois irrité, il ne se contrôlait plus. Or, il avait jusqu'ici pris garde à soigner son image. Il essayait de paraître calme, cool et assuré, tout ce qu'il n'était pas. Il ne voulait pas d'ennuis avec ses nouveaux collègues, c'était un travail de rêve que RIEN ne devait venir gâcher et surtout pas une petite « reine des glaces » un peu trop dédaigneuse.

    Chris ne supportait ni l'injustice, ni l'incompréhension. Elles le mettaient toutes deux dans une rage folle.

    L'attitude de Valentine était injuste ET incompréhensible. Qu'avait-il fait de mal? Personne n'avait pu voir clair dans son jeu, c'était impossible. Comment deviner que sous cet air faussement calme se cachait un homme violemment colérique? Même Wesker n'avait pu deviner!
    Peut-être que Jill le prenait pour un imposteur, un pauvre type à l'image artificiellement lisse?
    Quoiqu'il en soit, ce n'était pas une raison pour faire une tronche pareille!

    « Elle est tout le temps comme ça, Chris! C'est pas contre toi, elle est un peu ailleurs, la tête dans les bombes » lui avait dit Forest, essayant de le rassurer.

    Mais ça n'avait pas suffit. Chris se sentait mal à l'aise en sa présence, comme si elle lui faisait comprendre très subtilement qu'il n'était pas le bienvenu dans son espace vital, qu'elle le méprisait.

    Chris fronça les sourcils et posa son magazine. Le « problème Valentine » n'allait pas se régler par une observation minutieuse de son dos. Elle était jeune, peut-être qu'elle était tout simplement timide ou qu'elle ne voulait pas être trop chaleureuse dans un monde « de mecs ».

    Le seul moyen d'éclaircir la situation était un règlement de compte franc, yeux dans les yeux. Pas de quoi s'énerver.. En plus, c'était l'occasion ou jamais de s'afficher comme le type sûr de lui et imperturbable qu'il voulait être. « Dehors, l'impulsivité! » avait été sa résolution en entrant au STARS.

    Était-elle tenable?

    Chris se leva et regagna son fauteuil. Il pivota pour faire face au dos de Jill, qui n'avait pas bougé d'un millimètre. Savait-elle seulement qu'il était là. Retenant un soupir d'exaspération, il afficha un grand sourire sur son visage et lui lança un «Salut, Jill!» d'un ton léger et joyeux.

    L'intéressée se retourna lentement, l'expression de son visage tout à fait indéchiffrable. Entre elle et Wesker il y avait de quoi rendre fou n'importe quel amateur d'énigmes et de gens bizarres...
    Elle avait des yeux étranges, très grands et d'une clarté qui les faisaient sembler presque liquides.

    Un poisson mort. Rien de plus, détends toi, ça va aller, personne ne te méprise..

    Néanmoins, Chris se crispa légèrement, irrité par le manque d'expression du visage de la jeune femme mais n'en laissa rien paraître. Il reprit, sans aucun enthousiasme artificiel cette fois:

    «Je ne te dérange pas longtemps et je vais être cash : Est-ce que j'ai fait un truc qui t'a déplu ou blessée? J'ai l'impression que tu ne peux pas m'encadrer »

    Il fit une brève pause et força un petit rire qui se voulait détendu avant de continuer :

    «Je sais, c'est idiot, le stress du nouveau je suppose! Alors? Verdict?»

    Et un autre sourire pour la route. 


Citation :
Jugement? Je peux justifier l'attitude de Chris un peu en décalage par rapport au MIGHTY GLACIER du Remake par le fait :
1/ Qu'il ne se sente pas en confiance
2/ Qu'il soit plus jeune
3/ Qu'ils ne soient pas en mission

Bonne Chance Jill. Autre précision : Je ne dénie pas un semblant d'intérêt Chris >>> Jill à leurs débuts, mais Jill à dû le repousser. Après, on sait ce que j'en pense et tu es libre de faire ce que tu veux car moi aussi je les préfère en mode "friends bourrins" ;p

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MessageSujet: Re: [Mars 1996] Hey, ain't it good to know that you've got a friend? (Chris&Jill)   Dim 18 Avr - 22:54

    On peut frapper sur un cristal, sans relâche et avec la plus grande force qui soit, jamais on ne le brisera. Un cristal n'est pas fragile, mais délicat. Il demeure un point où une fissure peut se former et menacer l'existence de la gemme. Il suffit alors d'un coup, même léger, pour que le cristal ne soit plus qu'éclats.

    Les paroles de Chris depuis son arrivée n'avaient qu'effleurés le cristal, comme un oiseau frôlant l'onde d'un lac sans le toucher du bout de la plume, pour y imprimer son passage. Nul trouble n'avait touché Jill Valentine à l'arrivée de ce sang frais dans l'équipe. Elle s'était contenté des formules d'usage, laissant le bleu subir le bizutage en règle de ses nouveaux équipiers – bien évidemment, tout ceci éloigné des yeux du capitaine.

    Le lendemain elle put constater qu'il était toujours là et surtout, que cet individu avait sa manière à lui de montrer sa présence. Envahissant. Premier qualificatif qui venait à l'esprit de Jill en pensant à Chris. Premier jour chez les STARS et déjà le bureau était couverts de magazines et emballages de restauration rapide qui formaient une montagne, masquant la présence même du propriétaire. Qui compensait ce manque de visibilité en clamant haut et fort qu'il était là, principalement en échangeant des blagues vaseuses avec Joseph.

    Pour quelqu'un vénérant le silence comme Jill, Chris était un chien déboulant dans un jeu de quilles. Mettant de côté l'idée de tenter un meurtre sur la personne de Redfield ("Capitaine, je vous jure que Chris est tombé tout seul dans la presse à purée de la cantine. Vous connaissez son appétit."), la jeune femme tâchant donc de cohabiter avec cet individu. Ne lui parlant que si la situation l'exigeait, et pour le reste elle adoptait la technique Wesker : regard neutre regardant au loin (les lunettes en moins), ignorant ainsi la présence même de Chris. Il n'existait pas, et n'entrait dans son univers que pour des raisons purement professionnelles.

    Cette technique avait été si bien mise au point que Jill se croyait seule dans les bureaux des STARS, et l'aurait cru encore longtemps si Chris n'avait pas manifesté sa présence. En fait la jeune femme associa la voix au personnage quand elle détourna son regard de la page de son magazine.

    Tiens. Il n'a pas rejoint les autres en mission ? Dommage, une mine mal placée...

    Réfréner l'humour noir. Le cacher sous un masque calme et sans faille. Des yeux de cristal qui ne font que refléter le visage de l'interlocuteur, comme les verres des lunettes du capitaine. Il faudrait qu'elle songe à lui demander s'il n'a pas pris des cours avec un grand maitre zen, ou du self-contrôle.

    «Je ne te dérange pas longtemps et je vais être cash : Est-ce que j'ai fait un truc qui t'a déplu ou blessée? J'ai l'impression que tu ne peux pas m'encadrer »

    Un sourcil se leva. Cette attitude ressemblait... à celle d'un garçon qui n'arrive pas à s'intégrer dans sa classe parce que les autres sont méchants avec lui. Dire que cet individu avait un an de moins qu'elle, non elle ne pouvait pas le croire. Toutefois, après réflexion, elle dut concéder quelque chose à cet homme. Il lui demandait son avis (avec la délicatesse d'un camion roulant dans un champ de tulipes, mais cela elle ne pouvait le critiquer, elle agissait de même). La franchise se devait d'être récompensée. Jill préférait de loin une confrontation en règles que des complots dans le dos.

    Un petit face-à-face avant le déjeuner, cela ouvre toujours l'appétit.

    Un coup de hanche fit pivoter la chaise, mettant Jill Valentine face au jeune homme. Le magazine s'était transformé en rouleau dans la main de la femme, qui le tapotait machinalement sur la paume de son autre main. Compensation de son envie de bouger ou prévision des faits futurs, allez savoir. Personne ne sait ce qui se passe dans l'esprit d'une femme (ceux qui s'y sont essayés n'ont jamais trouvé la sortie du labyrinthe).

    - Effectivement, il y a des points chez toi qui me tapent sur le système. J'ai tâché de demeurer neutre, mais il faut bien que les bombes explosent un jour.

    Le sourire fugace qui brilla dans ses yeux n'était pas dirigé vers Chris, mais adressé à elle-même. Faire une métaphore sur les bombes alors qu'elle-même en manipulait pratiquement chaque jour, était amusant à ses yeux.

    - Tu ouvres trop ta gueule. Là est ton principal défaut. Prends-çà comme tu veux, mais tu as commencé sur la voie de la franchise, et je continue sur celle-ci. Au sein de l'équipe c'est pas gênant. Mais trop causer, çà peut rapporter des ennuis. Surtout en mission où parfois la discrétion est de mise.

    Le magazine roulé en tube fut secoué sous le nez de Chris – comme une menace. Du bout de cette arme de fortune, Jill désigna le bureau, et particulièrement la pile de sacs en papier du McDo du coin. La jeune femme n'avouerait jamais qu'elle se laissait aller (souvent) à la tentation de la malbouffe. Non pas pour masquer un régime calorique, mais simplement par volonté de ne pas révéler qu'elle entrait dans le système du pays.

    - Quant à... ceci. La prochaine fois que j'en retrouve dans l'environnement de mon bureau, comme ce fut déjà le cas, tu pourras dire adieu à certains effets personnels.

    La perfidie féminine chez Jill se transcrit souvent par un crochetage des vestiaires des STARS, et la disparition partielle de leur contenu. Quand un effet personnel avait mystérieusement déserté les lieux, les soupçons se portaient souvent sur Jill – mais tant que la jeune femme n'avait pas décidé de rendre son bien à son propriétaire, jamais celui-ci ne le retrouverait. Les cours personnels prodigués par un illustre cambrioleur avait permis à cette demoiselle d'obtenir un niveau des plus honnêtes dans le vandalisme, et des appréciations dans sa formation dans l'armée.

    La bombe avait éclaté, mais à quel prix ? Le silence habituellement serein s'était mué en une lourde atmosphère, parcourue des éclairs que chacun de ces humains jetaient sur l'autre. Ils étaient comme les pôles d'un aimant : toute tentative d'approche les condamnait à se repousser sans cesse. Impossible dorénavant de nier la présence de Chris. Lui tourner à nouveau le dos, ou allumer la télévision, ne ferait qu'attiser le feu que Jill venait d'allumer entre eux. Ils n'étaient pas fait pour s'entendre, Chris devait l'avoir compris maintenant, vu la réaction de la jeune femme à sa question. Cohabitant dans un même espace ils devaient apprendre chacun à respecter les limites de l'autre, et à ne pas les dépasser.
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Chris Redfield
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MessageSujet: Re: [Mars 1996] Hey, ain't it good to know that you've got a friend? (Chris&Jill)   Mar 20 Avr - 19:55

    Chris, contrairement à beaucoup d'hommes, pouvait se vanter de comprendre à peu près les femmes. Il avait grandi au sein d'un univers familial exclusivement féminin et n'avait donc pas été aussi intrigué par leurs secrets que la majorité de ses amis de lycée et collège. Il les connaissait déjà et les contempler sans cette fascination mystique lui permettait de mieux les comprendre. Chris était très protecteur et semblait même macho au premier abord, il ne l'était absolument pas.
    Il avait été un grand confident pour ses amis filles au lycée et ne s'autorisait aucune ambiguïté. Dès lors que des sentiments naissaient entre lui et une amie, il s'obligeait à le lui dire, à mettre les choses au clair.
    Les femmes, avait décidé Chris, n'étaient ni moins fortes, ni plus compliquées que les hommes. Elles fonctionnaient différemment et il était stupide de comparer femmes et hommes en utilisant les mêmes échelles. Certaines femmes possédaient plus de « force brute » que des hommes, et Chris doutait que Claire soit aussi compliquée que Forest pouvait l'être.

    Mais malgré tout, Chris n'avait eu que deux petites amies au lycée. Il avait été très amoureux de la première, avec qui il était resté un an mais la relation s'était très mal terminée. La seconde...
    Non, il ne voulait pas en parler. Et remuer le passé n'a pas vraiment d'intérêt.

    Lorsqu'il intégra la classe préparatoire puis l'école de l'air, il abandonna toute vie sentimentale. Et après avoir été viré de l'armée, il n'avait plus eu qu'un seul souci : ramener de l'argent à la maison. On comptait sur lui. Les STARS l'avaient accueilli et Chris, la première fois qu'il avait posé les yeux sur Jill, s'était vaguement demandé si il pouvait tenter sa chance, plus tard. Après tout, il n'avait pas eu de chance sentimentalement parlant, mais il avait un bon feeling avec les filles et Jill était plutôt jolie. Le monde féminin ne lui avait pas 'cruellement manqué' mais il ne refuserait pas une occasion intéressante. Ses principes un peu rigides d'amour et d'amitié ne s'étaient pas étiolés. Il était bien conscient que cette idée fugace n'aboutirait sans doute à rien, ils étaient collègues de travail et cela n'autorisait guère plus qu'une amitié.

    Et pourtant, sans qu'il n'ait rien tenté, elle le blessa par sa froideur et son indifférence. Rongé par un sentiment d'injustice qui lui filait la nausée puis submergé par la colère, Chris se triturait l'esprit. Pourquoi le mépriser lui? Lui qui n'avait rien fait d'autre que de tendre la main? Si elle avait deviné ses arrière-pensées et qu'elles ne lui plaisaient pas, elle n'avait qu'à lui dire, il ne le prendrait pas mal, pour l'amour du Ciel! Il n'envisageait rien et un refus ne le tuerait pas.

    C'était stupide, gamin, puéril, mais il voulait être l'ami de cette fille. Oui, il restait un homme et il avait eu quelques arrière-pensées, il restait cependant assez raisonnable pour comprendre qu'il y gagnerait plus à s'en faire une amie. Ils allaient devoir travailler ensemble, alors autant que ça soit le plus agréable possible. Et elle avait toujours l'air si loin d'eux... un peu triste même. Pourtant, sous ses airs distants, les rumeurs les plus incroyables prétendaient qu'elle avait un 'sacré caractère '. Alors pourquoi fuir le groupe? Elle s'imposerait, même parmi les hommes, en un rien de temps et tout en restant dans un cadre professionnel, ils pourraient créer une ambiance plus chaleureuse. Déjà que Wesker n'arrangeait pas les choses...


    Tu crains le grand méchant loup ou quoi?


    - Effectivement, il y a des points chez toi qui me tapent sur le système. J'ai tâché de demeurer neutre, mais il faut bien que les bombes explosent un jour.

    Neutre. Oui, c'est justement ça ton problème, Valentine.

    Chris fronça les sourcils et serra les poings. Il ne devait pas l'interrompre, il fallait qu'elle aille jusqu'au bout de sa pensée pour être sûr de tout saisir. Se retenir de lui crier dessus et de s'énerver lui coûtait énormément et il espérait que son expression ne le trahissait pas trop. Si elle avait remarqué son agacement et sa rage latente, Valentine n'en laissa rien paraître et continua :

    - Tu ouvres trop ta gueule. Là est ton principal défaut. Prends-çà comme tu veux, mais tu as commencé sur la voie de la franchise, et je continue sur celle-ci. Au sein de l'équipe c'est pas gênant. Mais trop causer, ça peut rapporter des ennuis. Surtout en mission où parfois la discrétion est de mise.

    Grande gueule? Chris sourit. Il avait essayé de se dominer, d'occulter ce côté de sa personnalité pour paraître plus mesuré au sein de l'équipe, plus professionnel. Raté. Il appréciait la franchise de Jill. Elle était brutale dans sa manière de formuler les choses mais disait vrai. Son honnêteté ne blessait pas Chris, ils fonctionnaient pareils sur ce point là. Le jeune homme avait horreur des discours touffus et ampoulés qui ne faisaient que voiler la vérité.
    Il avait lui avait cassé les pieds, elle avait le mérite de lui dire clairement.

    Pourquoi lui faisait-elle penser à une petite Athéna, avec sa vive intelligence et ses yeux pers?

    - Quant à... ceci. La prochaine fois que j'en retrouve dans l'environnement de mon bureau, comme ce fut déjà le cas, tu pourras dire adieu à certains effets personnels.

    Le silence se fit. Ou plutôt, il tomba et s'enfonça dans la pièce comme une enclume dans le bitume. Chris s'obstinait à la regarder dans les yeux, avec un air de défi. Jill soutenait son regard sans problème, les sourcils froncés, impassible à sa provocation. Ils se dévisagèrent quelques minutes sans dire un mot, chacun essayant de deviner ce que pensait l'autre. L'atmosphère était lourde, tendue et un mot de travers suffirait à tout faire exploser. Jill n'était pas une simple flic un peu timide. Il s'était complétement gouré. Cette femme était un félin et certainement pas un petit chat. Plutôt le genre gros lynx avec un bâton de dynamite entre les dents et des griffes subtilement acérées. Indépendant, solitaire mais pas forcément désagréable.

    On a l'air...

    de deux cow-boys.


    Chris éclata d'un rire franc. Il ne pourrait jamais jouer les premiers de la classe devant elle. En peu de temps elle avait tout compris et il ne s'était rendu compte de rien, persuadé qu'il menait le monde par le bout du nez. Lorsqu'il fut calmé, il planta de nouveau son regard dans le sien:

    «Jill... Je suis trop con, vraiment. J'avais pas remarqué je te gavais à ce point. Désolé pour ton espace vital je ferai un effort mais... je veux que tu en fasses aussi. »


    Chris s'éclaircit la gorge, attendant de voir si Jill avait quelque chose à dire. Elle semblait un peu moins crispée qu'au début. Seuls ses bras, étroitement croisés en dessous de sa poitrine, la trahissaient. Elle ne se sentait pas encore en confiance, elle se méfiait de lui. S'en était-elle rendue compte? Il fallait qu'il lui donne des gages de sa sincérité et vite. Rien n'était perdu, si il ne faisait pas de faux pas, la situation serait réglée en un rien de temps. Il lui suffisait d'être franc et de ne pas tourner autour du pot, ce qu'il fit :

    « J'ai fait des efforts en arrivant. Je suis pas toujours simple, c'est vrai. J'ai vraiment essayé d'être sympathique et j'ai eu l'impression que tu me méprisais. Je t'ai trouvée injuste, froide et méprisante. J'ai surement eu tort, t'es peut-être quelqu'un de réservé et je comprends. Mais t'aurais pas dû rester « neutre » justement. J'ai apprécié ta franchise »


    Il marqua une pause et lui sourit comme pour ponctuer son propos. Il ne parvenait pas à déchiffrer son regard et pourtant, elle ne portait pas de lunettes, rien ne cachait ses yeux au monde.

    Elle est balèze...

    «Hum... j'ai faim maintenant. Tu veux descendre à la cafétéria ? On a encore une demie-heure de pause et personne va faire une syncope si on a deux minutes de retard, de toute façon. Si tu as encore des choses à me dire, tu pourras le faire devant ton repas, ça te dit? »


    Partager un repas. C'est bien un symbole d'entente entre deux gros prédateurs?


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MessageSujet: Re: [Mars 1996] Hey, ain't it good to know that you've got a friend? (Chris&Jill)   Mar 11 Mai - 20:20

    Dans la logique de Jill, Chris allait lever les boucliers de la fierté masculine et demander réparation de cet outrage à la coupable. Ne récolter qu'un rire franc et des excuses parurent singuliers à la demoiselle : Chris n'était peut-être pas l'individu dont elle s'était peint le portrait (portrait peu élogieux, plus proche d'un Tarzan ayant un estomac à la place du cerveau que de celui du génie incompris). C'était dans sa nature de femme d'avoir un certain à-priori des hommes étrangers à son univers. Son entrée dans les STARS ne s'était pas faite sans anicroches, et Jill avait davantage confiance en des hommes plus âgés qu'elle (qu'elle associait involontairement à une figure paternelle, ou du moins de mentor) que ceux de sa génération. Quant aux femmes c'était un tout autre sujet qui demanderait un bien trop grand développement qui n'avait pas sa place ici.

    Injuste, froide et méprisante. Qualificatifs peu élogieux que Jill accueilli sereinement, acceptant le jugement. Elle n'avait pas tous les atouts de son côté, et était loin d'être le doux mouton de la bergerie (animal qu'elle avait toujours trouvé stupide, surtout dans cette image d'être ne pouvant vivre qu'au sein d'un groupe dont il n'était qu'un maillon). De même Chris se révélait être un individu bien moins négatif que ses précédentes actions avaient laissés croire. En tout cas s'il voulait de la franchise, Jill allait le servir au-delà de ses espérances. Ce qui ne serait qu'un soulagement pour la jeune femme : contenir des remarques était mauvais pour sa santé, Jill préférait des menus explosions d'humeurs à une colère à côté de laquelle la bombe H serait un pet de mouche.


    «Hum... j'ai faim maintenant. Tu veux descendre à la cafétéria ? On a encore une demie-heure de pause et personne va faire une syncope si on a deux minutes de retard, de toute façon. Si tu as encore des choses à me dire, tu pourras le faire devant ton repas, ça te dit? »


    Que cherchaient ces yeux avec tant de fébrilité si ce n'est un appui stable ? Le regard de Jill était-il si profond que Chris y avait laissé tombé un bout de sa raison ? Une femme aurait été touchée de ce cas de figure, peut-être même aurait-elle pris en affection sa pauvre victime. Jill n'en tira que de la fierté. Celle de voir qu'elle pouvait aussi bien déstabiliser Chris, qu'un film de série B pouvait envoyer Brad dans les bras de sa mère. Refoulant un sourire, la jeune femme hocha la tête devant la proposition de Chris. Non s'en tirer parti des propos de son coéquipier quand ils furent dans les couloirs.

    " C'est vrai, personne n'en fera une maladie. On risque simplement de faire une rencontre frontale avec le mur du couloir – ou danser sous une pluie de balles – si le Cap'taine revient entre temps et remarque notre absence. "

    Les yeux de Chris cherchaient vraisemblablement à percer le mur de glace formé par le regard de Jill. Le jeune homme ne devait y trouver que le reflet de son propre visage égaré. Tandis que Jill s'essayait à l'un de ses plus grands rôles : raconter des bobards avec un sérieux impénétrable, tel le maître d'armes initiant le disciple à son art.

    " Que croyais-tu ? La plupart des blessures récoltées par les membres des STARS ne sont pas le fruit de dangereuses missions. Du moins... ce n'est plus le cas depuis que Wesker est notre capitaine. Rompre une règle en face de lui, ou faire quelque chose de désobligeant envers sa personne est puni avec une grande sévérité. Je te donne pas les détails, tu verras peut-être par toi-même. ", conclut la jeune femme avec un geste évasif de la main.

    Je le laisse mijoter jusqu'à la fin de la journée ? De la semaine ? Je ne sais pas si çà tiendra le coup jusqu'au prochain versement du salaire. Un mois c'est quand même long pour une petite blague.

    Il n'aurait qu'à prendre cela comme un bizutage tardif. De toute façon, Chris ne semblait pas être de ces personnes qui prennent la mouche à la première petite bouffonnerie venue – s'il côtoyait Joseph, cela signifiait qu'il détenait le sens de l'humour (relativement bon, vu que Jill considérait celui de Joseph proche des blagues de Toto la plupart du temps).

    La poigne ferme de Jill poussa les lourds battants menant au saint des saints : la cafétéria, rutilante de propreté, emplie d'odeurs savoureuses. Sans le distributeur de serviettes en papier, l'inox rutilant et les verres de cantines, le lieu aurait pu se faire passer pour un restaurant cossu de Racoon City plutôt que d'une cafétéria militaire. Si Jill avait quelque chose à dire à son coéquipier elle se devait maintenant d'attendre. Avec ce même enthousiasme qu'il avait déployé à son tour du propriétaire le jour de son arrivée aux STARS, Chris se lançait à corps perdu dans sa mission auto-accordée : remplir son plateau avec le maximum de nourriture dans un minimum de temps. Haussant le sourcil comme une mère voyant son enfant jouer avec extravagance, Jill suivit Chris dans ses pérégrinations. Non sans dédaigner la salade de saison au profit d'un steak saignant.

    Quelques instants plus tard, après avoir essuyé ce qui aurait pu tourner à un combat à mains armés ( "Chris, je suis désolé de te contredire mais il est bien interdit de prendre plus de deux desserts. Sois raisonnable veux-tu. Madame, je vous assure qu'il a compris. Baissez cette louche dont vous le menacez. ", deux prédateurs se faisaient à nouveau face, séparés par le contenu de leurs plateaux respectifs. Un aigle ne laissant aucun répit à sa proie et un lynx se pourléchant les babines, avant de croquer évidemment dans la chair offerte.

    " Si on commençait la conversation par une question typique. Autant partir sur des nouvelles bases, plutôt que de se regarder en chiens de faïences. Pourquoi es-tu entré chez les STARS ? Je sais que je me répète mais je ne te sens pas... à ta place ici. A te voir chahuter dans les locaux, j'ai l'impression de voir... un oiseau mis en cage qui n'a pas la place d'étendre ses ailes. "

    Te voir en action en mission me permettrait sûrement de mieux te comprendre. J'ai presque honte de ma fierté d'avoir refusé de te chaperonner, tiens.



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MessageSujet: Re: [Mars 1996] Hey, ain't it good to know that you've got a friend? (Chris&Jill)   Sam 26 Juin - 18:55

" Que croyais-tu ? La plupart des blessures récoltées par les membres des STARS ne sont pas le fruit de dangereuses missions. Du moins... ce n'est plus le cas depuis que Wesker est notre capitaine. Rompre une règle en face de lui, ou faire quelque chose de désobligeant envers sa personne est puni avec une grande sévérité. Je te donne pas les détails, tu verras peut-être par toi-même. "

Chris sourit à la vanne de sa collègue sans trop savoir si elle plaisantait vraiment. Il avait intégré le STARS depuis deux mois et son chef demeurait encore un personnage mystérieux et imprévisible. Mais il n'eut pas le temps de questionner Jill, celle-ci avait déjà quitté la salle, sans doute pour rejoindre la cantine. Il s'empressa de la suivre, rassuré qu'elle accepte son offre et légèrement déconcerté par son indépendance féline.

Elle m'a même pas prévenu avant de filer. On dirait un chat.. ou un gros lynx.

Ils étaient les derniers de la file qui, heureusement, avançait plutôt vite. Bien que Jill ait accepté son « invitation » et que la tension semblait être retombée, le silence s'était installé entre les deux membres du STARS.
L'estomac vide de Chris parlait à sa place et Jill n'était pas d'un naturel bavard. C'était en partie à cause de son mutisme, qu'il avait confondu avec du mépris, que tout avait commencé. Valentine faisait seulement partie de ces gens discrets et modestes qu'on qualifiait élégamment de "réservés".

Toutefois, le jeune homme ne savait trop quoi penser. S'agissait-il d'un de ces silences confortables et tolérables entre deux vieux amis ou n'avaient-ils simplement rien à se dire?

Elle a peut-être un lourd secret. Je l'imagine bien tueuse à gage ou un truc du genre. Elle ferait un beau duo avec Wesker, tiens.

Après avoir encaissé un énième coup de louche sur le crâne pour avoir tenté de subtiliser un dessert de plus, Chris se précipita vers l'une des tables du fond. Il avait envie de rester seul avec Jill et de toute manière, aucun de leurs camarades n'était encore à la cantine à cette heure-ci. Cette dernière s'assit sans faire de commentaire et elle ne semblait pas être gênée par ce tête-à-tête improvisé.
Tel en aigle surveillant avec intérêt une proie féroce, il guettait ses moindres expressions afin d'éviter un faux-pas qui pourrait dégénérer en drame. L'atmosphère s'était refroidie et Chris ne pouvait s'empêcher de s'imaginer être un diplomate américain dinant avec son homologue Russe lors de la guerre froide. Un pas de travers et leur nouvelle entente finirait au fond du gouffre. Ou il se retrouverait mystérieusement à l'hôpital, sans cheveux, et dégageant plus d'ondes radioactives qu'un morceau d'uranium.

Il décida de rien dire, estimant qu'il était plus prudent de lui laisser la main, et entama avec joie sa cuisse de poulet. Après quelques minutes de mâchonnements et cliquetis de fourchettes, Jill se décida enfin à prendre la parole :

" Si on commençait la conversation par une question typique. Autant partir sur des nouvelles bases, plutôt que de se regarder en chiens de faïences. Pourquoi es-tu entré chez les STARS ? Je sais que je me répète mais je ne te sens pas... à ta place ici. A te voir chahuter dans les locaux, j'ai l'impression de voir... un oiseau mis en cage qui n'a pas la place d'étendre ses ailes. "

Chris fronça les sourcils, incapable de dissimuler sa surprise et sa déception.
Sa question l'avait heurté comme un coup de fouet à la figure.
Il se sentait bien au S.T.A.R.S, très bien même! Bien mieux qu'à l'armée en tout cas. Comment se pouvait-il que les autres puissent ne pas percevoir le bonheur qu'il ressentait?

Il se mordit la lèvre, les yeux baissés sur l'os de poulet qui restait dans son assiette, n'osant affronter le regard de Jill.
Peut-être qu'il se persuadait que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes..
Bien sûr, sa marge de manœuvre était réduite, mais comment aurait-il pu s'en plaindre? Il n'était là que depuis peu et il ne s'attendait pas à ce qu'on lui confie des responsabilités tout de suite, surtout avec de tels... précédents. Et pourtant, Jill avait raison. Bien qu'il refusait de se l'admettre, il lui arrivait de ne pas se sentir à sa place au S.T.A.R.S . Il déplorait le manque de missions de terrain et la paperasserie qu'on lui avait confié le fanait comme une fleur sans eau. Parfois, il aimerait pouvoir discuter certaines décisions, donner son point de vue sur le déroulement des missions ou sur la répartition des tâches mais il n'osait pas.
D'une part, Wesker n'était pas le genre de chef à tolérer les «bavardages», d'autre part, il craignait que l'on le croit orgueilleux.
Il n'était pas vantard, il avait confiance en lui. Mais combien savent faire la différence?

N'arriverait-il donc jamais à s'intégrer quelque part? Se sentirait-il oppressé de partout, ne grandirait-il jamais?
Il s'était intimement persuadé que ce n'était qu'un sentiment passager, qu'il était nouveau et que c'était quelque chose de tout à fait normal. Néanmoins, la question de Jill, tombée comme un couperet bien aiguisé sur ses illusions, le faisait douter et lui avait fait ouvrir les yeux. Il était le seul à croire à ses mensonges.

Damn women.

«Je... croyais m'être bien intégré. J'aime beaucoup l'équipe et même si je n'ai plus l'occasion de.. piloter..»


Il déglutit sans le vouloir et se maudit de paraître si faible, d'abattre son jeu si facilement. Oui, les airs lui manquait. On lui avait coupé les ailes injustement et il ne l'avait peut-être pas encore digéré.

« C'est un travail que j'estime et j'ai pourtant parfois envie de me barrer en courant. Je ne suis peut-être pas fait pour travailler en équipe, je ne suis pas.. souple. Puis je ne comprends rien au boss, rien à ses brutales disparitions, ou à ses stupides lunettes et son autoritarisme m'étouffe. J'ai tout pour être heureux, je me dis que je suis un vrai gosse trop gâté et j'essaie de m'adapter mais rien à faire. »

Il releva la tête, fixant Jill dans les yeux sans parvenir à deviner ce qu'elle pensait.
Il était cuit, de toute manière. Il voulait passer pour une sorte de héros, d'homme à tout faire, de Richard Coeur de Lion et il s'était montré tel qu'il était vraiment, colérique, impulsif et capricieux.
Il restait lucide et honnête, c'était bien tout ce qui comptait.

« Je veux être reconnu. Qu'on m'apprécie à ma juste valeur et qu'on me donne de quoi me faire les griffes. Je ne veux plus passer des après-midis dans la réserve à nettoyer des armes! »

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MessageSujet: Re: [Mars 1996] Hey, ain't it good to know that you've got a friend? (Chris&Jill)   Dim 4 Juil - 17:20

    Plus douée que Diane la jeune STAR : elle vous décochait des flèches aux points faibles sans avoir besoin de sortir une arme. Des flèches qui se plantaient si loin qu’on ne pouvait les sortir de la plaie sans provoquer une plus grande douleur. En quelques secondes, Chris était ainsi devenu une pelote de nerfs piquetée de milliers d’aiguilles. Une pauvre pelote abandonnée dans l’ancienne demeure cossue d’une ménagère trentenaire, ne pouvant que pleurer sur son sort.

    Ah non. Chris n’allait pas s’effondrer en larmes devant son plateau-repas, arrosant d’eau salée son poulet ? Jill tira le plateau vers elle : sait-on jamais si l’envie prenait à Mister Bourrin de faire une collision frontale avec la table. Gâcher une crème brûlée serait extrêmement dommage.

    La touche d’humour lui arracha mentalement un rire jaune. Jill n’avait pas voulu une telle réaction, et elle se retrouvait complètement désoeuvrée. Forcer une serrure d’un lieu hautement protégé, voler la Joconde, faire exploser un immeuble sans qu’il n’y ait de victimes civiles, tout cela Jill pouvait le faire (ou à peu de choses près). Mais consoler un homme, surtout un gars qui lui était presque inconnu, là elle déclarait déjà forfait. Les sentiments humains sont plus inextricables à déchiffrer qu’une équation au troisième degré.

    Pourquoi n’y a-t-il jamais de notice quand on en a besoin ?

    C’était un homme de 22 ans qu’elle avait en face d’elle, pas un gosse dont la crise pouvait être calmée avec une part de gâteau. On la disait calme, mais intérieurement cela ressemblait à une fuite d’employés d’une centrale nucléaire en pleine alerte rouge. Jill n’était ni la mère, ni la sœur de Chris : elle n’était qu’une collègue, la personne qui connaissait le moins Chris… mais qui était la plus à même de comprendre son mal-être.

    Oh certes elle avait subi un solide entraînement avant d’arriver chez les STARS : elle s’était déjà brisé les genoux et rongé les dents sur de solides missions bien indigestes. Toutefois elle avait subi l’éternel refrain « Mais tu n’es qu’une femme ». Refrain qu’elle haïssait plus que toi elle, Jill Valentine, petite futée qui avait passé sa jeunesse à participer au hobby paternel : le haut vol. Elle, pas capable alors qu’on lui avait proposé une alternative quand son père avait été mis à l’ombre : rejoins les forces de ton pays ou résigne-toi à voir ton père finir en taule. Le choix avait été dur devant ce chantage, mais inébranlable.

    Parce qu’elle n’était pas assez proche de lui, socialement parlant, pour avoir un geste qui se révélerait ambiguë, Jill posa sa main sur l’épaule de Chris. Une pression ferme, froissant l’uniforme, pour une promesse tacite : « Je te comprends et je ne répéterais à personne ce que tu viens de dire ».

    - Chris… Personne ne comprend jamais le capitaine. Je me demande même si ce n’est pas un alien. Si le travail aux STARS était si simple, n’importe qui y rentrerait, même les petits drogués du coin de la rue.

    Elle-même avait compris que si elle avait son poste ici, ce n’était pas pour sa belle gueule.

    - Si tu es ici, c’est que tu le mérites. On n’est pas dans une voie de garage pour ados attardés. La peur, c’est un sentiment tout à fait normal. Tu crois que je suis arrivée ici la bouche en cœur, frétillant des hanches ?

    L’image était, de plus, des plus horribles à imaginer. Jill Valentine sautillant dans les locaux telle une lycéenne qui vient rencontrer son chanteur préféré pour lui dédier ses plus belles œillades. … Berk.

    - Mon petit-déjeuner a fini illico presto dans la tuyauterie de mon appartement juste avant mon départ. J’étais aussi stressée qu’un jour de résultat d’examens. Pourtant tout le monde te dira que j’affichais un calme olympien. Je dois diffuser une drôle d’aura.

    L’épaule sous sa main semblait se détendre, les nerfs se relâchaient peu à peu. La main de Jill atterrit sur la joue de Chris, la tapotant affectueusement.

    - Rassuré, mon petit patient ? Je te facture la consultation en nature. Tiens ta crème brûlée fera parfaitement l’affaire. (Le dessert changea de plateau avant que son propriétaire n’ait eu le temps de donner son avis.) Et je veux un sourire avant la fin de la journée. J’ai jamais aimé les portes de prison.

    Elle ne s’était pas si mal débrouillée après réflexion. Que Chris ne prenne tout de même pas l’habitude de la considérer comme sa psychologue attitrée, ou ne vante ses services au reste de l’équipe. Parce qu’il y avait des cas chez les STARS que Jill serait incapable de soigner.


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Chris Redfield
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MessageSujet: Re: [Mars 1996] Hey, ain't it good to know that you've got a friend? (Chris&Jill)   Ven 9 Juil - 13:30

    Il ne l'avouerait jamais et pourtant vider son sac à une collègue qu'il connaissait à peine lui avait fait du bien. Il s'en voulait évidemment pour avoir perdu son sang-froid si vite mais il avait eu la chance que le seul témoin de ses angoisses et doutes soit une femme aussi patiente et empathique que Jill. Le mur de glace aurait de toute manière fini par briser et sa colère aurait pu se conclure par un poing dans la face de son imperturbable capitaine.
    Et il aurait dans sans doute été renvoyé, à juste titre. Ou il aurait 'dormi avec les poissons', comme on dit dans le milieu.

    Jill garderait son secret et il était presque sûr ce qu'il lui avait confié n'aurait pas de conséquences sur leurs relations futures. Peut-être même que cela aurait du bon : elle cesserait surement de croire qu'il n'était qu'un chien fou en manque de baston. Il avait voulu être considéré à sa juste valeur et il avait confiance en ses qualités humaines.

    Alors qu'elle pressait sa main sur on épaule avec une fermeté surprenante pour sa petite stature, Chris la regarda droit dans les yeux et sourit. Sans prononcer un seul mot, il avait l'impression d'avoir gagné une amie plus que fiable. Il aurait voulu lui rende la pareille dans l'immédiat, histoire d'instaurer une sorte d'égalité dans leur rapport, qu'il ne soit pas seulement "le consolé" mais rien ne lui vint à l'esprit.

    Puis elle se servit dans son plateau sans servir et il décida que finalement, c'était un payement largement suffisant.

    Jill ne lui avait presque pas parlé d'elle. Elle était très habile et ne restait pas en retrait des autres. Elle participait aux conversations, parlant peu mais de façon pertinente si bien que ses interlocuteurs avaient l'impression qu'ils en savaient autant sur elle qu'elle sur eux.
    Ce qui était totalement faux puisque Jill dissimulait le plus possible le terrain "vie privée", réorientant subtilement la discussion.

    Quelques rumeurs circulaient sur son compte, sur son jeune âge ou son enfance particulière. Son père était, paraît-il, un grand voleur. Une sorte d'étrange magicien qui faisait disparaitre les porte-feuilles les plus garnis en un clin d'œil. Il avait été arrêté lorsqu'elle était une enfant et s'était volatilisé au milieu de son procès.
    Inutile de dire qu'il avait beaucoup fait parler de lui.

    Était-il toujours en contact avec sa fille, ce Dick Valentine?

    Chris qui avait vu l'homme une ou deux fois dans les journaux lui trouvait une certaine classe, un charisme indéniable. Était-elle vraiment sa fille?
    Il ne put s'empêcher de tâter sa poche et, relevant les yeux, il crut percevoir un léger sourire narquois sur son visage qui disparut en un clin d'œil.

    Quelle fille bizarre.


    Elle redirigea son attention sur la crème brûlée qu'elle lui avait subtilisé comme si de rien n'était et un silence bien plus apaisé que tous les autres auparavant s'installa entre eux.
    Néanmoins, Chris ne pouvait s'empêcher de détailler son expression indéchiffrable et la rapidité de ses petites mains. Il avait eu l'occasion de la voir à l'œuvre, débloquant une serrure plutôt complexe et il n'avait pas été le seul à rester coi devant la dextérité de la jeune femme. Ses mains avaient quelque chose d'envoûtant et de repoussant lorsqu'elle travailler. On eut dit des petites araignées aux pattes agitées qui pouvaient découvrir n'importe quel secret en un clin d'œil.
    Effrayant.

    Chris se racla la gorge pour attirer son attention et posa la question franchement :

    " Tu sais, personne ne pense que tu es arrivée ici par tes charmes. Pas que tu n'en aies pas hein!"

    Il se gratta le cou nerveusement, déstabilisé par le regard noir qu'elle lui lançait.

    "Bref. Certains disent que tu serais (et je dis bien SERAIS) la fille de Valentine, le magicien.... le voleur. Hm... C'est vrai? T'as dû avoir une drôle d'enfance!"


    Il avait lâché ça d'un air faussement décontracté, comme si ce n'était qu'un constat qui n'attendait aucune réponse. Il ne voulait pas la brusquer et préférait lui laisser le choix. Chris était très curieux, intrigué mais il pouvait comprendre qu'elle n'ait pas envie d'en parler. Il avait eu une enfance ni rose ni noire et pourtant il n'aimait pas se plonger dans le passé, il comprendrait.

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MessageSujet: Re: [Mars 1996] Hey, ain't it good to know that you've got a friend? (Chris&Jill)   Mer 21 Juil - 23:53

    Mission accomplie, Valentine.

    Une petite musique de victoire résonna dans l’esprit de la jeune femme. Elle s’était relativement bien débrouillée : il n’y avait qu’à voir les couleurs que reprenait Chris. Jill aurait peut-être du se lancer dans la psychologie, cette science subtile qui pouvait ouvrir d’étranges portes dans l’esprit des gens. Elle qui aimait ouvrir tout ce qui était fermé, forcer les serrures, elle se serait sentie en terrain connu et privilégié.

    Mais toutes les portes ne sont pas bonnes à ouvrir, et derrière certaines se cachent des choses qui ne doivent pas être révélées.

    A la remarque sur ses prétendus appâts féminins, Jill avait déjà levé un regard incendiaire. Dire à une femme qu’elle n’avait aucun charme était une des pires insultes que çà. Chanceux était Chris d’avoir Jill en face de lui et non une autre femme qui aurait renversé son pichet sur lui en le traitant de goujat. Oui, il était chanceux.


    "Bref. Certains disent que tu serais (et je dis bien SERAIS) la fille de Valentine, le magicien.... le voleur. Hm... C'est vrai? T'as dû avoir une drôle d'enfance!"


    En même temps les Valentine çà ne courait pas les rues. Nom qui sortait de l’ordinaire, attirant l’attention, voire les moqueries. Quand en plus, on choisissait de naître durant la fête des amoureux, on portait une étiquette à vie. Sauf si on la brûlait comme l’avait fait Jill dès son adolescence, en prenant des airs de femme froide, limite pédante. Les moqueries niveau maternelle ne duraient qu’un temps.

    Enfin tout ceci ne réglait pas le problème en cours. Jill ne pouvait pas, ne voulait pas hurler sa filiation avec le roi du cambriolage à la face du monde. Pour des raisons d’éthique et de sécurité. Cela pourrait sonner comme une vantardise, or elle était loin de tout ça. Puis, être fille de Dick Valentine allait réduire ses compétences en un grain de poussière. « Normal que tu sois si douée, tu as tout appris de Papa. » Ce qui n’était pas faux, mais elle avait SES méthodes, SA philosophie du métier.

    Vivre dans l’ombre d’un héros n’a pas que des bons côtés.

    - Désolé de te décevoir, mais… non. J’aurais bien voulu, j’ai toujours admiré son travail, et même s’il agit de l’autre côté du droit chemin, je le considère comme un modèle.

    Mensonge avoué à demi pardonné.

    Jill venait de divulguer la vérité en demi-teinte, ne reniant pas ses origines, tout en les gardant jalousement secrètes. Non pas que la jeune femme pensait que Chris était du genre à divulguer de telles informations au premier clampin du coin, mais les murs avaient des oreilles. Même dans les locaux du STARS.

    - Et mon enfance… Bah, çà a été celui de toute gamine américaine. Patriotisme, respect du chef, tout çà quoi. Rien de spécial, vraiment.

    Comme çà sonnait faux. Tous ceux du STARS étaient des êtres qui n’entraient pas dans les critères de la normalité. Des compétences impressionnantes, une maturité établie très tôt, des connaissances proches de l’encyclopédie… Et Jill, unique femme des Alpha, voudrait faire croire qu’elle n’a rien de spécial ? La bonne blague.

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MessageSujet: Re: [Mars 1996] Hey, ain't it good to know that you've got a friend? (Chris&Jill)   Jeu 9 Juin - 15:33

Nul besoin d’être un être doté d'une grande intuition pour comprendre que Jill Valentine ne disait pas tout. A sa question quelque peu intrusive, la jeune femme s’était visiblement crispée et avait détournée les yeux, comme hanté par un mauvais souvenir encore trop vif. Chris ne put s’empêcher de noter qu’elle grattait doucement son cou lorsqu’elle était nerveuse, laissant des traces rouges qui contrastaient étrangement avec sa peau pâle. Se sentait-elle coupable de quelque chose ?


Et voilà, je recommence... Si je continue à la dévisager, elle va se faire des idées



Malgré la gêne que cela provoquait chez lui, on l’avait souvent remarqué pour son intuition, qualité que l'on attribue pourtant généralement aux femmes. Souvent, il répliquait qu’il se contentait d’observer et de déduire des faits évidents de ses observations après tout, ne dit-on pas que l’essentiel de la communication humaine est non verbale ?

Peu de personnes prennent réellement le temps de décortiquer avec minutie les tics et petites manies les plus ostentatoires des autres, un jeu qui l’avait toujours amusé. Peut-être était-il aussi guidé par son instinct, mais il préférait mettre la perspicacité qu’on lui prêtait sur le compte d’une réflexion rationnelle plutôt que sur cette qualité mystérieuse, résidu de notre nature primaire.

L’anxiété de Jill et son regard bleu perdu dans le vague, indiquant malgré elle qu'elle revivait avec nostalgie des instants perdus, ne pouvait signifier qu’une seule chose : il avait visé juste.

Toutefois, il était aussi très conscient de l’avoir bouleversée et commençait à regretter sa question qui était peut-être survenue un peu trop tôt. Il ne pouvait s’excuser dans la mesure où elle avait démenti, alors il décida de changer de sujet innocemment/

Malheureusement, ils se connaissaient peu, par conséquent des sujets comme l’actualité ou la politique, bien trop sérieux et susceptibles d’instaurer des tensions, étaient exclus. Il n’avait pas non plus envie de parler de futilités et Jill tenant visiblement à instaurer une ligne de partage très nette entre sa vie privée et professionnelle, il ne pouvait aborder, pour le moment, leurs vies personnelles respectives.

Il ne leur restait plus qu’un sujet : le travail et donc leurs plus ou moins charmants collègues. Sujet qui arrangerait sans doute Jill.

Mais pas lui.

Que dire ? Critiquer tout le monde n’était pas son style et, de toute manière, il n’avait que peu à dire sur la plupart de ses camarades qu’il connaissait peu. Les deux seuls qu’il commençait à connaître étaient Forest, mais Jill le connaissait déjà depuis des années et il voyait mal de quoi ils pourraient parler.

C’est alors tout naturellement, en suivant inconsciemment ce raisonnement, que Chris aborda son sujet favori, selon ses camarades railleurs :

« Tu dois être vachement calée pour être dans l’équipe Alpha, qu’est-ce que… »

tu as fait pour arriver là ? Il paraît que tu sors de la Delta team. Plutôt cool, tu veux bien me confier quelque secrets mystérieux du Pentagone ?

Non. Vie privée. Blocage.

« … tu penses de notre capitaine ? »

Il aurait voulu enchaîner, lui dire ce que lui en pensait, mais cela lui était impossible puisqu’il n’en savait absolument rien.

Comme la grande partie des figures d’autorité de sa vie, il entretenait un rapport très compliqué avec son chef. Il avait essayé de toutes ses forces de ne pas être dans l’affect mais dès les premières paroles cinglantes, dès les premiers exploits de son capitaine, sa résolution avait été brisée.

Cependant, contrairement aux autres fois, il était sûr de ne pas le mépriser, malgré ses remarques parfois insolentes (mais toujours justifiées !) . Il ne saurait néanmoins dire avec certitude si il l’admirait pour ses compétences hors du commun, sa très grande intelligence et sa prestance naturelle ou si il le détestait pour sa froideur perpétuelle, son indifférence vis-à-vis de tout et son côté supérieur made in Europe.


Au moins Jill, qui est sans doute bien moins tordue que moi, aura un avis qui pourra me servir à éviter la question dans le futur…


Il fallait à tout prix qu’il se défasse de l’image du fanboy que Forest, croyant être drôle, commençait à lui construire. Et Jill ne devait se douter de rien puisqu’ils s’étaient cordialement évités et regardés en chiens de faïence jusqu’à présent.
N’est-ce pas ?

Il essayait de garder sa contenance, de paraître peu intéressé par le sujet. Avec un peu de chance, elle rentrerait dans son petit jeu et croirait que, ne sachant pas de quoi parler, il avait abordé le sujet le plus commun et consensuel qui soit entre deux collègues : The Boss.

Comment pourrait-elle le lui reprocher ou pire, s’en amuser ?

Il entreprit de remplir le verre d’eau de la jeune femme, refusant de la regarder trop longtemps dans les yeux.


Je n’ai rien à cacher. Il est perturbant son regard c’est tout. Très beau mais trop.. trop perçant


[color:7364= green]« … Enfin, c’est vrai qu’on s’en fout un peu. Tu es une amie à Forest, c’est ça ? »

Il n’avait pu s’empêcher de continuer, sans comprendre pourquoi. Il lui arrivait souvent de se lancer des bouées de secours à lui-même, tactique de défense étonnante que certains nommaient instinct…

Après tout, leur point d’ancrage, c’était leur meilleur ami commun, non ? Même si il serait dérangeant de parler de lui trop longtemps dans son dos, ça ferait passer le temps.

Toutes les femmes ne sont pas dotées d'instinct, heureusement. Du moins, il l’espérait.

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MessageSujet: Re: [Mars 1996] Hey, ain't it good to know that you've got a friend? (Chris&Jill)   Ven 1 Juil - 23:44

Spoiler:
 

    La jeune femme cligna des yeux. Une fois, deux fois. Avant de prendre la main de Chris entre les siennes et de la tapoter comme si elle était au chevet d'un grand malade. Jill alla même jusqu'à poser la main sur le front de l'homme avec un air soucieux. Démenti par le sourire qui lui étirait les lèvres et lui creusait des fossettes.

    - Hé bien, hé bien... Je te fais tant d'effet pour que tu perdes soudainement tes moyens ?

    Elle se moquait ouvertement de lui. Ou plutôt le taquinait gentiment sur son comportement, sa façon de sauter du coq à l'âne. Parler du capitaine semblait être pour lui difficile, voire un sujet à ne pas aborder. Jill avait bien vu les regards admiratifs de Chris à l'encontre de Wesker. Il faut dire que ce dernier avait de quoi impressionner une jeune recrue. De la prestance, professionnel jusqu'au bout des ongles et avec ça une réputation qui n'était plus à faire. Le genre de gars qui n'avait pas besoin de sortir son CV, son visage seul suffisait à lui ouvrir toutes les portes.

    Et un fessier que n'importe quel nana aimerait avoir au goûter. Va savoir si c'est pas le cas de Chris. Ce serait pas le premier à se découvrir de nouveaux penchants.

    Mais elle se gardait de faire ce genre de réflexions quand elle serait plus intime avec Chris. Ce genre de petites boutades pouvant mener à des confidences devait se faire à huis-clos, devant un repas froid lors d'une soirée. Et non dans une cafétéria à la vue de tous.

    Jill se mettait de plus en plus à apprécier Chris. Il était amusant... à sa manière. Et distrayant, sans nul doute.

    Ne voulant pas laisser Chris tremper davantage dans le bourbier où il s'était enlisé, Jill saisit l'ultime bouée qu'il avait lancé et tâcha de le ramener sur le rivage.

    - Ah ce cher Forest... On s'entend comme larrons en foire. On partage le même humour, le style « j'aime critiquer le monde où je suis avec cynisme ». Alors évidemment ça plait pas toujours. Surtout Joseph, mais lui il est hors-catégorie.

    Elle avait eu beau faire, Jill n'avait jamais adhéré aux blagues de Joseph. Pas subtiles pour un sou, et ultra convenues. Jill s'était faite une raison, s'était même entendu aux plaisanteries grasses qu'on pourrait lui faire. Unique fille dans un monde de mecs, elle s'attendait à être chariée. Mais de la part de Joseph elle avait été déçue. Trouvant ses blagues moins horribles que prévues. Alors que Forest, lui il savait rire de ce qui était vraiment malsain de la vie, il était lucide.

    - Puis Joseph a une belle gueule, je vais pas cracher dessus.

    Elle était une femme, et même si elle l'oubliait souvent, Jill ne pouvait pas dire que Forest était désagréable à regarder. Mais de là à dire qu'elle rêvait de l'avoir dans son lit, il y avait un fossé aussi grand que le Grand canyon.

    - D'ailleurs c'est un grand fan des sushi-party. Faudrait que je l'invite à mon appart' un de ces quatres, ça fait un bail qu'on s'est pas tapés une soirée célibataires.

    A l'entendre on aurait cru qu'elle parlait d'un collègue de promo' à l'université. Mais après tout les relations étudiantes n'étaient pas loin de celles régnant chez les STARS. La pression omniprésente, la sensation d'une seconde famille où les règles étaient relâchées.

    Se levant de son siège, Jill fait un signe de tête à Chris pour qu'ils débarrassent les lieux. Inutile de rester et d'occuper une table pour rien.
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MessageSujet: Re: [Mars 1996] Hey, ain't it good to know that you've got a friend? (Chris&Jill)   

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[Mars 1996] Hey, ain't it good to know that you've got a friend? (Chris&Jill)

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