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 1982 - sale temps pour les belettes (Wesker)

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William Birkin
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MessageSujet: 1982 - sale temps pour les belettes (Wesker)   Lun 12 Avr - 0:39

Tiens, il y avait un trou dans sa blouse. A force d’en triturer le tissu, ses doigts avaient fini par trouver un accro. Songeur, Birkin laissa la déchirure s’agrandir sous ses mains agitées. Il ne voulait pas rentrer dans le labo, pas tant qu’il y aurait tous ces gens…

Elle

Il ne l’avait jamais vu, cette môme. Il ne souhaitait jamais la voir. Avec son esprit un peu trop cartésien, William avait du mal à éprouver quelque chose pour ce qu’il ne connaissait pas. Alexia n’était pas dans son monde, elle n’y serait jamais. Les mauvaises choses de la vie, ce n’était pas la peine de s’en souvenir…

En revanche, ce qui existait dans son monde, ce dont il ne pouvait pas faire abstraction, c’était les rumeurs. Il pouvait les entendre, les laborantins qui discutaient entre eux. Tous parlaient d’ELLE… Avant, c’était lui qu’on regardait respectueusement, c’était lui qu’on admirait, qu’on complimentait…

Plus maintenant.

Maintenant il avait quoi ? On le remarquait à peine, on l’oubliait… Même Wesker ne lui prêtait plus trop d’attention. Le plus probable serait qu’il ai fait perdre patience à l’homme avec toutes ses gamineries. Sans doute reviendrait-il lorsqu’il aurait un service à lui demander ?

Ou alors il irait voir Alexia

Le jeune homme grimaça. Ils ne voyaient donc pas ?! Toutes les formues que lui avait dans la tête, elles ne demandaient qu’à sortir ! Il pouvait même mettre au point la pierre philosophale s’il le voulait ! Il pouvait tout, il était le meilleur, on le lui avait dit. Maintenant on ne le complimentait plus, on ne lui parlait plus tout court.
Le travail était difficile, mais il pouvait y arriver ! Il lui fallait juste du temps, un petit peu de temps…
On ne lui en donnera pas.

William s’était enfermé dans une des salles de dissections, il ne voulait plus paraître au laboratoire. Sa colère lui donnait la migraine, il avait besoin de garder la tête claire pour travailler. Peut-être que s’ils avaient un peu plus de cobayes, les recherches avanceraient plus vite ?

Il n’y avait pas que les formules et équations, dans sa tête. Il y avait également tous les Si, tous les Peut être. Et cela le tuait. Réfléchir à des choses concrètes demandaient déjà beaucoup de travail, alors rajouter des élucubrations par-dessus cela..

Et dans sa tête, il y avait aussi le tic tac d’une horloge. Parce que le temps s’enfuyait… Lorsqu’on est le meilleur, on s’en fout du temps, personne peut nous dépasser. Mais une petite garce avait pris sa place, alors il lui fallait faire toutes les découvertes capitales avant elle, vite, vite !

Trop de choses, trop d’idées, trop d’envies. Il allait exploser. Appuyé contre le mur sale, il se laissa glisser jusqu’à être recroquevillé sur lui-même. Le sang pulsait à ses tempes, il détestait cela. Quelque chose se tordait dans son ventre. Des cellules qui mutaient ? Non, une faim de loup… Depuis combien de temps était-il ici ? Il faisait sombre… l’ampoule avait sauté. Ca voulait dire quoi, qu’il avait à crever ici ?

Non, le meilleur… il devait être le meilleur avant…

Ca bourdonnait encore dans ses oreilles, les murmures à propos d’Alexia. De quoi le rendre fou encore plus qu’il ne l’était déjà. Comme un enfant en colère le visage rouge, les yeux gonflés de rage, il se plaqua les mains contre les oreilles.

Avait-il raté quelque chose ? Non, il manquait de temps. Et le temps continuait de s’enfuir… Une heure peut tuer bien mieux qu’un virus…

Fiévreux, anémié, fou, il ne lui restait rien d’autre que ses propres démons. Le temps s’étirait, se distordait… A quand remontait sa dernière nuit ? Pas d’importance, il faut oublier, tout oublier…

Péniblement, Birkin se releva. L’ampoule grillée ne dispensait plus aucune lumière au dessus de sa tête, qu’importe. Il avait toujours un bloc note sur lui ainsi qu’un stylo. Il écrivait, il écrivait sans même voir ce qu’il marquait série de chiffres et de combinaisons, formules sans queues ni tête… Mais elles en auraient du sens un jour, oui ! Il allait trouver, il allait trouver….

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Albert Wesker
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MessageSujet: Re: 1982 - sale temps pour les belettes (Wesker)   Lun 12 Avr - 16:48

Le génie, c'est l'enfance retrouvée à volonté
[Baudelaire]

Le papier, en se froissant, émit un bruit satisfaisant. La destruction d'une simple paperasse sans intérêt provoqua un bruissement parmi les scientifiques qui l'entouraient. Il ne leva pas les yeux et déposa le reste de rapport sur une paillasse voisine. Il s'esquiva en direction de la sortie, certain de ne pas être retenu. On le préférait loin de ces importantes affaires. Pouvait-on les blâmer ? Collaborer avec un prodige de 22 ans, hautain, dédaigneux, et même méprisant c'est un cadeau empoisonné... Et il le savait pertinemment. Inconsciemment, il en était même ravi: imposer sa présence le rebutait, mais si ça pouvait tous les traumatiser, alors le jeu en valait la chandelle. Ils avaient tous besoin de ses compétences, à présent, et il s'en réjouissait cruellement. William étant dans un état lamentable -pour une raison que tous préféraient ignorer- les scientifiques du Manoir devaient s'adresser à lui, misérables devant ce qu'ils nommaient cobaye, il n'y a pas si longtemps; pitoyables face à ce qu'il désignaient comme un enfant, deux jours auparavant.

Il passa la porte et s'éclipsa du laboratoire. Celui ci revêtait des allures de prison, avec tous ces regards, ces questions, ces railleries et surtout, plus que tout, ces non-dits. Le jeune homme étouffa un soupir agacé. Maintenant que William était devenu une épave paranoïaque, il se retrouvait vraiment seul. Seul face à ces pitoyables humains, persuadés qu'ils seraient épargnés par les fruits de leur recherches. Il aurait préféré en rire, mais en y pensant, son coeur -l'organe- se serrait: si ces humains là représentaient l'intelligence, il n'osait même pas imaginer ce qu'étaient les imbéciles. Mettre un pied dehors, l'idée de rencontrer ces...gens, le faisait frissonner de peur et de dégoût. Malgré lui, d'ailleurs, et jamais il n'avouerait...incapable de sortir de cette prison qu'il haïssait tant pourtant... Les couloirs défilaient, et lui, impuissant, poursuivait sa marche sans s'en apercevoir. Ses pas légers le menèrent jusqu'aux niveaux inférieurs; et bien vite, il se trouva devant cette immense porte close.

Le symbole Biohazard s'y étalait, symbole de toutes leurs réussites. Il esquissa un sourire ironique. Y avait-il encore quelque chose à sauver derrière la porte ? Il la poussa avec délicatesse, comme on entre dans la cage d'une bête sauvage. Pourtant ce qui se trouvait là n'avait rien de dangereux, même pour un humain...

" William ? "

Sa voix le surpris et l'agaça. Il paraissait un peu trop inquiet à son goût, pas assez détaché. Étouffant un nouveau soupir, il se dirigea vers le fond de la pièce.

"Si tu veux battre Alexia, tu devr..."

Une forme indistincte se mouvait péniblement, appuyée contre un mur poisseux. On retrouvait toujours les laboratoires dans un état de désolation particulier lorsque William y avait travaillé. Du sang sur les murs, des instruments gisant à terre, diverses substances étalées sur les paillasses et surtout des tas inimaginables de paperasses décorant le sol, les tabourets, le matériel et parfois même les murs. Il prenait des notes, comme toujours. Fiévreux, le scientifique agitait son stylo et murmurait des formules insensées. Pas sa méthode de travail habituelle, évidemment. Même s'il se tuait à la tâche, en oubliant parfois de dormir, jamais il ne paraissait aussi désœuvré...aussi seul...

" William ! "

Crier ne lui ressemblait pas, c'était même dérangeant, autant pour lui que pour les autres. Il s'approcha de Birkin, sans qu'il s'en aperçoive et le saisit brusquement par le bras. L'empêcher de délirer plus, surtout.

" Tu as besoin de repos. "

Sa voix atrocement neutre avait légèrement tremblé, si bien qu'il n'ajouta rien de plus. Ils étaient face à face, à présent, aussi seuls l'un que l'autre... Qu'abhorrait-il le plus ? William dans cet état lamentable ou ses émotions censées avoir disparues depuis longtemps ?

Seuls..

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William Birkin
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MessageSujet: Re: 1982 - sale temps pour les belettes (Wesker)   Lun 12 Avr - 19:56

Peut-être tenait-il le bon bout ? Cette pensée là, cette pensée encore indistincte… Encore quelques secondes et il allait la comprendre, oui… Un cri le ramena soudain à la réalité et tout s’évanouit : les formules, les problèmes, les solutions… Comme un hibou aveuglé par la lumière du jour, il cligna des yeux. La réalité du lieu sembla alors lui revenir, Birkin se rappela de qui il était et d’autres menus détails. Il ne se rappela pas de ses idées. Lentement, il baissa la tête jusqu’aux feuilles noircies d’encres…
La porte ouverte avait amenée un peu de lumière, mais ses propres écritures n’avaient plus désormais qu’un sens brumeux dans son esprit. Que s’était-il passé ? Un bras se posa sur le sien, ah oui… quelqu’un avait parlé non ? On l’avait appelé.
Wesker… que faisait-il là ? Comme un enfant pris en faute, il le regarda. Prêt à pleurer.

- Mais j’allais trouver, je le jure j’allais trouver !


Le repos… c’était pour les paresseux. Lui, il n’avait pas de temps à perdre… William posa une main sur son front, des points noirs dansaient devant ses yeux. Trop de manque, trop de déceptions. Allait-il s’évanouir ? Bah, si cela devait arriver, il aurait bien le temps de s’asseoir sur la chaise à deux pas de lui, non ?

- Ferme la porte s’il te plait… ça me donne mal au crâne


Faux, ses céphalées il les avait toujours eu. William resta encore quelques secondes immobiles, les derniers souvenirs de sa transe s’effaçaient. Ils ne reviendraient pas. Lentement, il ramassa les feuilles de papier éparpillées. La plupart étaient chiffonnées et l’encre avait bavé sur beaucoup d’entre elles. Méthodiquement, il en fit un tas bien propre dans ses mains. Wesker le regardait, mais il n’avait rien à lui dire. Il ne voulait même pas le voir en fait…

- C’pas de ma faute… Je travaille nuit et jour, moi ! Elle, elle fait quoi ? Elle prend son diplôme et elle va travailler avec son père… Elle poursuit juste ses recherches, elle fait rien de bien. Pourquoi ils la portent tous aux nues comme ça ? On vaut mieux qu’elle…


De nouveau les doigts devinrent fous. Dans un mouvement frénétique, les feuilles furent roulées en boule et déchirées. Elles ne servaient plus à rien après tout… Il n’y avait rien écrit de bon… RIEN !

- Pas de ma faute… les recherches sont complexes et les résultats prendront du temps ! Comment ils peuvent comprendre, ça ?! Elle, elle a les travaux préliminaires de son père… garce !


Il fallait qu’il bouge, sinon quelque chose dans son crâne allait exploser. Quoi, sa raison ? Ca, il n’en avait jamais vraiment eu, le sens des réalités était un concept inconnu à William Birkin.

- Je ne suis PAS fou…je ne suis pas fou, je ne suis pas fou, je ne suis pas fou ! On ne me donne même pas les moyens de réussir… Même pas de cobayes résistants ! Les dissections n’apportent rien, on arrive pas à faire le moindre travail fiable sur l’ADN, tu te rends compte ?!


Se calmer, se calmer un tout petit peu… William cessa d’agiter les bras immobile. Encore une fois, il leva la tête vers son aîné. Une grimace de douleur déformait ses traits. Lentement, il recula à nouveau jusqu’au mur pour glisser à terre, les bras enroulés autour de ses propres épaules.

- J’ai mal à la tête…


Il ferma les yeux et… se releva. Avait-il oublié ce qu’il venait de dire il y a quelques secondes ? Oui certainement, Birkin oubliait tout, absolument tout. Il prit une feuille et voulu à nouveau marquer quelque chose dessus. L’encre ne se déposait cependant pas entre les lignes… Sans regarder Wesker, il se remit à parler, griffonnant avec son stylo sec qui ne pouvait plus écrire, des choses qui demeureront dans le domaine de l’invisible

- J’ai plus d’encre, tu aurais une cartouche s’il te plait ?

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MessageSujet: Re: 1982 - sale temps pour les belettes (Wesker)   Mer 14 Avr - 18:38

Oh ! Attention, monseigneur, à la jalousie ; c'est le monstre aux yeux verts qui tourmente la proie dont il se nourrit.
[Shakespeare]

On dit souvent, croyant sans doute affirmer là une vérité universelle, que les génies n'ont pas le sens des réalités. On dit aussi qu'ils vivent dans un autre monde, prisonniers de leurs pensées incroyables et de leurs idées lumineuses. On les considère, en conséquence, comme des animaux trop particuliers que l'on prend soin d'écarter de la société. Pour leur bien, se rassurait-on, ces gens trop différents seront bien mieux emprisonnés dans leur Monde incompréhensible pour nous, normaux.

On le pensait aussi à Umbrella. Jeune et brillant, William jouait un rôle clef au sein de la compagnie, portée grâce à ses expériences inconcevables au panthéon de la science. Mais la reconnaissance s'arrêtait à quelques poignées de main et un brevet ou deux. Bien peu, semblait-il, pour compenser les regards méprisants, jaloux, offensés, les sourires forcés, les invitations empoisonnées, les moucherons hypocrites. Toutes ces choses là, William ne paraissait pas vraiment les remarquer; plongé dans son monde à lui, il ne faisait pas attention à ces détails triviaux et les encaissait pourtant. Au fond, peut être que ça le blessait mais qu'il s'efforçait de mettre ce sentiment bizarre, incompréhensible, de côté. Simplement. Et il n'avait sans doute pas tort.

Cependant, son état actuel laissait supposer qu'il n'était pas si intouchable que cela. Non pas que les regards moqueurs l'avaient achevé, ce n'était certainement pas les poignées de main artificieuses qui le faisaient pâlir. Tout un mot, tout un prénom suffisait à le faire frisonner de rage et de frustration. Alexia.

- Mais j’allais trouver, je le jure j’allais trouver !


Il se souvenait bien...cette époque presque lointaine. Comment la nommer ? Enfance.. non. Adolescence..encore moins. Jeunesse ? Ils n'avaient que 22 et 20 ans... Avant Alexia. A cette époque là, William lui apparaissait comme un garçon sûr de lui, peut être était-ce un mirage, cela dit, l'interprétation de son esprit, cherchant à tout prix un modèle, ou plutôt un rempart au mépris. Au mépris de lui même, particulièrement. C'était en ça que Birkin l'avait aidé. Il ne lui avait pas tendu la main comme un vrai héros l'aurait fait, non. Il lui avait appris la suffisance et la haine envers ceux qu'il avait tant craint. Il lui avait appris la vengeance, la fierté, l'égoïsme, aussi. Pas des valeurs, ah ça non, plus que ça. Des marches, des marches jusqu'au meilleur.

Pourtant, il ne pouvait pas affirmer s'aimer. Il se détestait, parfois, la différence étant dans l'acceptation. A présent, il ne se jugeait pas, il s'ignorait. Il ne se dévisageait pas devant les miroirs, il les méprisait. Indifférence. Il se rassurait: personne ne s'aimait vraiment. Comment, étant humain, pouvait-on s'apprécier ? Ces fous qui se contemplaient n'étaient que des narcisses...et ils subiraient la même fin. Birkin ne lui avait pas dit tout ça, il le lui avait permis de le comprendre. Et l'ersatz d'amitié (il n'était pas capable d'une telle chose, ou du moins, il le pensait) qu'il lui offrait était empreint de reconnaissance. Pour cette raison et cette raison seule, il ne songeait pas à le laisser se détruire.
A cause d'une orgueilleuse petite fille... ou plutôt, imbécile petit monstre.

- Ferme la porte s’il te plait… ça me donne mal au crâne


Doucement, il s'exécuta. Il hésitait grandement, et ses pensées dérivaient. Aider William. Il savait ce qu'il devait faire, mais comme une machine pas encore programmée, il n'agissait pourtant pas. Il ne connaissait pas la méthode. D'abord parce qu'il ne s'agissait pas d'un objet, mais d'un humain. Aider un objet, c'est le réparer, généralement, mais un humain ? Le consoler ? Comment ? Et la chose se compliquait encore: il s'agissait de William. William Birkin. Il le connaissait bien, certes, mais il n'avait pas appris à le consoler. Instinctivement, il sut qu'il devait s'approcher et il le fit, mais après ? Le prendre dans ses bras ? Il allait le repousser, et il n'aurait pas tort. Ca ne servait à rien.

- C’pas de ma faute… Je travaille nuit et jour, moi ! Elle, elle fait quoi ? Elle prend son diplôme et elle va travailler avec son père… Elle poursuit juste ses recherches, elle fait rien de bien. Pourquoi ils la portent tous aux nues comme ça ? On vaut mieux qu’elle…

Wesker le fixait, c'était comme deux émeraudes brillantes et perdues dans l'obscurité. Pas encore paniqué, mais stressé, il pesait le pour et le contre. Il réfléchit à ce qui plairait le plus à William. Qu'Alexia meure. Evident. Mais il y avait deux obstacles à son souhait: il ne pouvait pas tuer la gamine, elle était trop loin, peut être trop forte et il risquait des ennuis considérables. Alors il fallait trouver quelque chose d'autre.

Pas de ma faute… les recherches sont complexes et les résultats prendront du temps ! Comment ils peuvent comprendre, ça ?! Elle, elle a les travaux préliminaires de son père… garce !

Il s'acharnait de nouveau sur sa feuille. Va, vient, et ça repart dans l'autre sens, le stylo s'agite, les calculs se déchainent et ne semblent rien vouloir dire...oh, c'est toujours comme ça avec William, c'est agité, incompréhensible, mais génial, incroyable, bien mieux que tout ce qu'il pourrait produire en une vie...
Stressant aussi...il écrivait mais pourquoi ? Tout était dans sa tête, il ressentait le besoin d'y imprimer sur des feuilles vierges. Fatiguant, ce mouvement du stylo.. et angoissant ce bruit. Il serrait les poings, mais ne s'en rendait pas compte. Sinon il aurait fait comme d'habitude, il aurait poussé un long soupir agacé (contre lui même, encore une fois) et se serait assis. Ses doigts auraient fini par se relâcher et son cœur battrait de nouveau correctement....comme d'habitude.

Je ne suis PAS fou…je ne suis pas fou, je ne suis pas fou, je ne suis pas fou ! On ne me donne même pas les moyens de réussir… Même pas de cobayes résistants ! Les dissections n’apportent rien, on arrive pas à faire le moindre travail fiable sur l’ADN, tu te rends compte ?!

Pas de réponse. Wesker hésitait, il voulait à tout prix que le génie cesse de s'agiter. Par tous les moyens, il se sentait de plus en plus mal, stressé par le bruit, les larmes, ces petites lignes brouillonnes qui s'accumulaient sur la feuille. Mal aux yeux aussi...

J’ai mal à la tête…

Lui aussi, tiens, mais comme toujours. C'est étrange, c'est un mal auquel on ne s'habitue jamais vraiment. On a toujours mal, mais pourtant on le ressent à chaque minute. On ne s'y accomode jamais vraiment...

Moi aussi.

Ah, très utile. Cette simple parole creuse, sortant de sa propre bouche (bien qu'il ait du mal à y croire) suffit à l'agacer plus que nécessaire. Il respira un grand coup, espérant que Birkin ne l'ait pas entendu et tenta de remettre de l'ordre dans ses pensées. Il voyait un peu mieux et décida de retirer ses lunettes. C'était toujours instinctif...

J’ai plus d’encre, tu aurais une cartouche s’il te plait ?


Machinalement, il alla quérir une cartouche d'encre qu'il posa sur le bureau du petit génie. Il cherchait une idée géniale, mais rien ne venait, il était peut être plus bête qu'on ne l'imaginait, finalement. Consoler un ami...qui eût osé pensé que ce simple acte fût si difficile....si seulement...

William.

Il tenta de ne plus hésiter, se rapprocha de son cadet et le fixa droit dans ses pupilles écarquillées. Il avait l'air atrocement fatigué.

On se fiche d'Alexia Ashford. Elle mourra sans doute avant toi, dois-je te rappeller qu'elle n'est qu'un monstre ?

Il marqua une pause avant d'ajouter, moqueur:

Un peu plus intelligent que la moyenne, c'est vrai, mais un monstre tout de même. Un vrai monstre...


Il s'arrêta net, pensant qu'en fait, il n'était pas vraiment plus humain qu'elle.

Tout William, mais pitié, n'écris plus...

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MessageSujet: Re: 1982 - sale temps pour les belettes (Wesker)   Jeu 15 Avr - 2:46

Tâche insurmontable, tout n’était qu’une tâche insurmontable… Brusquement, William eut envie de rire. Il ne le fit pas, trop fatigué, trop apeuré… Il n’y a que les fous pour rire, pas vrai ? Ca, il ne voulait pas l’être. Que tous les signes couchés sur papier lui rappellent donc qu’il était intelligent ! Il baissa les yeux sur la feuille et la lâcha. Le stylo sans encre n’avait rien écrit du tout. Le néant, juste le néant…
Un cri commença à se former dans sa gorge, il aurait résonné entre les murs poisseux si Wesker n’avait pas parlé, n’avait pas prononcé son nom. Comme un fil pour le relier à une réalité déjà bien trop distordue… De nouveau des spasmes dans ses doigts et une nausée pour l’étreindre. Un front douloureux, fiévreux, cette tête trop lourde aux douleurs lancinantes… Le jeune homme se plaqua les paumes sur son crâne, cherchant à faire cesser ces petits élans de souffrance. Rien n’y faisait et le vertige le gagnait tout entier…
Il ne restait rien d’autre dans la pièce que la voix de Wesker mais était-ce suffisant ? Dans son esprit agité, les murs, les tables l’obscurité… Tout cela avait disparu. Il n’y avait rien d’autre que le bruit et chaque son étaient comme un coup au cœur. Une terreur absolue pour serrer ainsi l’organe dans sa poitrine. Pourquoi ? Parce qu’il ne contrôlait absolument plus rien…

Il tremblait de toutes parts maintenant, allait-il mourir ? Cette pensée l’effleura le temps d’une question. Mourir, mourir… d’après Wesker, la seule mort à venir allait être celle d’Alexia. Il ricana :

Le monstre intelligent, c’est toi. Elle, elle n’est rien... alors qu’elle arrête, qu’elle arrête donc de faire parler d’elle, elle n’en a pas le droit ! Qu’elle arrête de respirer là, maintenant… maintenant…


Il n’écrivait plus, cela ne servait à rien. La cartouche d’encre semblait comme le narguer, il évita de la regarder. Faire les cent pas ? Oui, encore et encore. Des pieds fous comme des cellules grises toujours en mouvement.

Ce n’était pas déjà assez que l’on doive supporter des…des animaux pareils ?! On devait avoir en plus un sous être également… Tous ces humains, je ne les supporte plus ! Ils parlent, ils rient, ils gloussent et ne prennent rien au sérieux ! Incapable de se concentrer, incapable de comprendre…Ils…Ils….Ils travaillent juste


Sa voix déraillait complètement, rauque et fatiguée. Il mourrait de soif…Et ses mains s’agitaient, s’agitaient… Comme pour supplier désespérément qu’on les saisisse tout simplement. Qu’on les tienne sans brutalité, c’est tout…

Ils travaillent sans comprendre l’importance de nos recherches… tu vois toutes leurs erreurs, n’est-ce pas ?! Et ces horaires complètement anarchiques qu’ils ont… Tu soupires pas ? Non, tu vas bientôt soupirer… tu dois plus m’écouter depuis quelques mots ou bien depuis le début… Alexia, son « intelligence »… c’est absolument rien ! L’admiration des gens pour elle, je ne supporte plus… En fait je la hais ! Je ne sais pas, je ne sais plus… Je hais Alexia ?


Birkin ne savait plus ce qu’il disait. Sans papier pour noter tout ce qui lui passait par la tête, impossible de s’y retrouver. Mais Wesker ne voulait plus qu’il écrive… Finalement, ses mains comme des serres d’oiseaux agrippèrent la manche de l’autre homme. De la chaleur humaine, une neutralité glaçante, des doutes un peu partout… presque comme lui. Ce contact sembla le calmer légèrement, son regard fut moins embrouillé…

… Je suis pitoyable.


Une constatation, une simple constatation. Une envie de pleurer, tellement de choses à dire… Un scientifique, ça fait comment pour s’exprimer ?

Tu sais pas ce que ça fait, toi… Quelqu’un qui n’est même pas devant toi mais que tu retrouves sans cesses sur ton chemin… aussi insignifiant qu’un caillou dans ta chaussure, un caillou que tu ne peux pas ôter…


Est-ce qu’il faisait jour, dehors ? Est-ce qu’au fond il ne pouvait pas sortir au soleil se vider la tête ? Faire comme tous les autres, oublier le travail parce que oui, ça n’était que du travail et marcher un peu les mains dans les poches ? Non il ne pouvait pas, ce n’était pas un travail, c’était sa vie, ce sur quoi absolument tout se réglait pour lui. Alors cette peur latente tout au fond de ses veines, c’était celle de la destruction ? Des pensées folles qui s’égarent n peu partout, il ne parle plus, il est perdu dans son monde et rien, absolument rien semble pouvoir l’en sortir. Une antre béante pour l’avaler un petit peu plus chaque jour, celle de la folie. Lorsqu’on est fatigué, triste, en colère, haineux, notre corps réagit : on pleure. William ne pleurait pas…
Peut-être était-il trop déshydraté pour cela ? L’homme ne s’en rendait presque plus compte. Un peu avant oui, il avait eu envie de pleurer mais ça, Birkin l’avait déjà oublié.

…. J’étais heureux avant…. Les gens étaient effrayés face à moi, reculaient tous un peu trop respectueusement… Ils savaient qu’ils pouvaient rien faire contre moi ! Mais maintenant, quelqu’un m’a dépassé… Pourtant oui j’étais heureux… mes recherches… mes recherches et puis toi, ça suffisait… tu pouvais comprendre, toi !


Et maintenant, il ne pouvait plus ? William regarda Wesker droit dans les yeux. La fièvre le consumait tout entier, il n’était plus qu’une feuille tremblant au vent essayant vainement de rester accroché à sa branche. Il n’y arrivait pas.
Ce fut épuisé, malade et désespéré que William Birkin perdit conscience

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MessageSujet: Re: 1982 - sale temps pour les belettes (Wesker)   Dim 18 Avr - 1:06

L'indifférence fait les sages et l'insensibilité les monstres.
[Diderot]


Tout aurait bien pu s'arrêter à cet instant précis. Il aurait suffit qu'il soit un ami normal, qu'il s'approche de William, qu'il établisse un contact corporel quelconque avec lui et qu'ils se taisent et savourent un instant de douce complicité. Après, son cadet aurait repris ses recherches, entièrement revigoré, il l'aurait assisté comme d'habitude, et ensemble, ils auraient sans doute fait bien mieux que la petite princesse enfermée dans son Palace.
Ses pupilles alertes passèrent de la paperasse gisant à terre à un William ricanant.

Le monstre intelligent, c’est toi. Elle, elle n’est rien... alors qu’elle arrête, qu’elle arrête donc de faire parler d’elle, elle n’en a pas le droit ! Qu’elle arrête de respirer là, maintenant… maintenant…

Il afficha un sourire satisfait. Il avait eu raison, ce que souhaitait William, c'était la mort de la gamine. Et s'il la lui donnait, il retrouverait enfin sa vigueur d'antan. Presque décidé, il fit mine de s'en aller mais se ravisa. Un sentiment étrange l'empêchait de franchir le seuil du laboratoire, un sentiment d'impuissance totale. Tuer Alexia était impossible. Aider William était impensable. Que devait-il faire alors ?
Et la phrase de William lui revenait en tête, comme un infernal écho... Le monstre intelligent c'est toi ! Un monstre...alors tout s'expliquait de cette façon là ? Il ne peut pas consoler: c'est un monstre, il ne peut pas aider: c'est un monstre, il ne peut pas conseiller: c'est un monstre...Par contre, il peut tuer sans remords, torturer sans peine et il supporte excessivement bien la vue du sang.
Oui, c'était logique. Normal.

Ce n’était pas déjà assez que l’on doive supporter des…des animaux pareils ?! On devait avoir en plus un sous être également… Tous ces humains, je ne les supporte plus ! Ils parlent, ils rient, ils gloussent et ne prennent rien au sérieux ! Incapable de se concentrer, incapable de comprendre…Ils…Ils….Ils travaillent juste

Son sourire avait disparu, laissant place à une expression fatalement, irrémédiablement neutre. Il avait imperceptiblement bougé, mais trop peu pour que lui même s'en aperçoive. Résolu dans son état de monstre (c'était toujours préférable au déni), il songeait presque tranquillement à ce que déclamait son ami. Il serra les poings. Ses geignements l'agaçaient...ils l'agaçaient tellement...il eut envie de partir, et compris que seul le discours du petit génie était digne d'intérêt, en réalité. Il s'en voulut immédiatement pour avoir pensé cela, mais comme d'habitude, ça ne changea strictement rien à la situation.

Ce sont des incapables, William, mais il ne me semble pas que ce soit nouveau...Pourquoi te focalises-tu sur ces fourmis, ils font simplement ce qu'on leur demande de faire: trier ton matériel et te préparer les laboratoires. Et en plus, ils ne s'en plaignent pas, que demandes-tu de plus ?


I
l ne s'attendait tout de même pas à ce que ces...humains soient dotés d'une quelconque réflexion ? Ils n'étaient pas fait pour ça, d'ailleurs, c'était absurde de leur demander une telle chose...injuste, même. Comme si à lui, on lui demandait d'éprouver un sentiment...
Alors pourquoi n'était-il pas capable de se cantonner à son rôle ? Finalement, il ne se montrait pas plus intelligent que ces ersatz de scientifiques...

Ils travaillent sans comprendre l’importance de nos recherches… tu vois toutes leurs erreurs, n’est-ce pas ?! Et ces horaires complètement anarchiques qu’ils ont… Tu soupires pas ? Non, tu vas bientôt soupirer… tu dois plus m’écouter depuis quelques mots ou bien depuis le début… Alexia, son « intelligence »… c’est absolument rien ! L’admiration des gens pour elle, je ne supporte plus… En fait je la hais ! Je ne sais pas, je ne sais plus… Je hais Alexia ?

H
abituellement, c'était plutôt son rôle de tirer William de ses rêveries incessantes, pourtant, aujourd'hui, le petit génie semblait jouer le rôle de l'ainé.. sans réellement le vouloir. C'était de sa faute à lui, si il se posait trop de questions. De questions inutiles, incapables de le faire changer ou s'améliorer. Il stagnait misérablement au rang de monstre-humanoïde...tant qu'à faire, il aurait préféré être complétement humain. Ou complétement monstre, il n'arrivait même plus à différencier les deux.
William ne haïssait pas Alexia, il ne la connaissait guère. Ce qu'il haïssait, c'était son génie, son talent, sa perfection...sa monstruosité, en somme ?

… Je suis pitoyable.


Un «oui» traversa son esprit, il le retint miraculeusement, sans savoir pourquoi exactement, et se surpris à s'approcher de son ami. Il tendit un bras mais le replia aussitôt: William ne l'avait pas vu. Inutile alors. Oui, juste rester là, c'était suffisant...ne pas penser à ce qu'il faudrait faire surtout. Il n'y a pas de faudrait, juste des il faut. Juste des obligations, juste ce que l'on t'a appris.

Tu sais pas ce que ça fait, toi… Quelqu’un qui n’est même pas devant toi mais que tu retrouves sans cesses sur ton chemin… aussi insignifiant qu’un caillou dans ta chaussure, un caillou que tu ne peux pas ôter…


Si. Si, je sais ce que ça fait.


Comme il venait de parler, il se dit qu'il devait au moins quelques amples explications à son collègue. C'est incroyable comme on peut regretter une action aussitôt après l'avoir faite....

Tu es arrivé à quinze ans, William et tu as toujours été plus doué que moi. Tu étais plus intéressant, plus talentueux, plus humain aussi. Je ne sais pas si ça a une importance à Umbrella, cela dit, pour moi, c'était incroyable. Et je ne t'ai pas toujours admiré.

Il marqua une pause, certain que le jeune génie ne l'écoutait pas. Lui même ne se serait pas écouté à sa place, alors il n'en tint pas rigueur.

...Je n'avais plus rien lorsque tu es arrivé...tu m'avais volé le peu de gloire que je possédais. La seule différence avec Alexia et toi, c'est que j'ai réussi à t'accepter.

Il l'avait accepté par gratitude. Il se garda de le rappeler à son cadet qui ne semblait pas prêt à l'entendre.

…. J’étais heureux avant…. Les gens étaient effrayés face à moi, reculaient tous un peu trop respectueusement… Ils savaient qu’ils pouvaient rien faire contre moi ! Mais maintenant, quelqu’un m’a dépassé… Pourtant oui j’étais heureux… mes recherches… mes recherches et puis toi, ça suffisait… tu pouvais comprendre, toi !

Fiévreux, William s'effondra dans ses bras, son discours à peine terminé. C'était...stressant. Que faire ? Poser l'humain à terre et chercher quelqu'un ? Tenter de le réveiller ? Juste s'en aller ? L'aider ? Le laisser ? Le mépriser, l'assister ? Il y avait une réaction à avoir, ce qu'il se plaisait à nommer une réaction «type» habituellement. Quelque chose que les humains font tout le temps. Parler au blessé ? Ah, mais il ne devait pas entendre. Il n'avait pas envie d'entendre, de toute façon. Alors lui faire peur ? Pas ça, encore pas ça...

William, s'il te plait réveille toi !


Il cessa tout mouvement. Il avait crié («parlé fort» dirons-nous) et le regrettait amèrement. Montrer des excès d'émotions était interdit...non...inutile. Il fallait raisonner en homme de science: l'allonger correctement lui parler.
Lui parler.
C'était déjà beaucoup. Parler tout seul, rassurer, aider.
Tellement pénible de s'apercevoir qu'on ne sait pas faire.

William, ne laisse pas Alexia gagner..
.

Le poser sur un lit, voilà...et espérer que la belette ne tarde pas trop. Il repensait aux mots de William.. J'étais heureux. Alors le bonheur n'est pas réservé aux animaux et aux imbéciles...
Son cœur battait, mais il n'y faisait même plus attention.

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MessageSujet: Re: 1982 - sale temps pour les belettes (Wesker)   Dim 18 Avr - 16:14


Hello cruel world
Did I keep you long?
You've waited so patiently To torture my soul


William rouvrit les yeux, plus pâle que jamais. Il se redressa, véritable petit diable jaillissant de sa boîte et regarda son aîné, une mine horrifiée au visage.

Qu’est-ce qui c’est passé, j’ai dormi ? Mince j’ai pas fini ! J’ai même pas commencé… j’en étais où, je te l’ai dit ?


Ils discutaient, il s’en souvenait… Brusquement une lueur éclaira ses deux yeux fatigués. William regarda son aîné, presque triste. Lentement, le jeune homme ramena ses genoux coutre lui pour les entourer de ses bras. Le carrelage de la salle sembla le captiver.

Ah oui… je suis ton « Alexia », un caillou dans ta chaussure… Tu l’as pensé tout seul ou bien le professeur Marcus a eu la gentillesse de te le souffler à l’oreille ?


Lorsqu’il était devenu scientifique… William se souvenait peu des jours passés sa mémoire avait l’horrible faculté d’effacer presque tout ce qui ne concernait pas ses recherches. En même temps, pouvait-il y avoir de bons souvenirs chez Umbrella ? Le jeune homme se mit à réfléchir….avant de sourire de toutes ses dents.

Moi j’étais content, très content : j’avais quelqu’un à qui parler et qui m’écoutait vraiment… Le professeur aimait pas ça, tu te rappelles ? Tous ses sermons… On voit que c’est pas un génie, cet idiot…


Petit à petit, la voix de Birkin se fit plus ténue, presque inaudible. Le sourire béat restait accroché à ses lèvres mais les yeux avaient repris l’éclat triste de ciel d’octobre. Là où tout est voilé, où la seule lumière provient des feuilles mortes au sol. Clarté de l’intelligence alors que tout n’est que décomposition, ses mains griffaient sa peau à en faire couler le sang, mais William ne le remarquait pas. Il avait juste besoin de… de… de bouger les doigts… Ce n’était même pas un désir conscient d’automutilation, juste des doigts qui bougent…

J’aurai pas pu continuer sans personne à qui parler vraiment…Ca m’aurait détruit de l’intérieur…POUF, plus rien ! Adieu Birkin ! On est beaux à discuter de la solitude … à en parler alors qu’on peut pas la supporter…


Un rire un rire éraillé qui montait de sa gorge. Mais la soif le fit tousser… Un verre d’eau où pourrait-il en avoir ? Son regard fiévreux se balada dans la pièce, Dieu que le corps humain était faible ! Et puis il voulait parler…Les mots allaient empoisonner son cerveau sinon, ça devait sortir. Birkin n’y connaissait pas grand-chose en ami, il savait juste que Wesker était le sien ou du moins, le considérait-il comme tel. L’autre homme pouvait lui demander quelque chose, il le ferait… et inversement, Albert était capable de lui rendre service quelque fois…
La fatigue, encore elle brusquement il soupira. Tiens, l’envie de pleurer était revenue…. Le jeune homme se releva, blouse et vêtements étaient complètement froissés et le resteraient pour un bout de temps : William ne savait pas repasser.
Il regarda son vis-à-vis et, sans un mot, se rapprocha encore plus. Alors, comme une marionnette dont on vient de couper les fils, son corps se détendit. Peut être que le mouvement avait été un peu trop brusque lorsque son front vint se poser contre l’épaule de Wesker, mais c’était là la maladresse des enfants patauds.

Toi, tu pouvais me tuer quand tu voulais… tu peux toujours maintenant. Moi j’ai rien pour lutter contre Alexia… C’est pas juste. Je….


Un spasme, à nouveau tout le corps qui se tend… ses mains ensanglantées s’agrippèrent à la blouse de Wesker. Il eut un cri étouffé, un cri désespéré. Il ne pouvait rien faire, rien du tout ! Et son corps battait à en exploser dans sa poitrine, personne ne voyait donc le poids qu’il portait sur ses épaules D’une seconde à l’autre il allait l’écraser…

J’essaye, je promets que j’essaye… Je veux plaire, c’est le seul moyen pour être tranquille après tout… faire ce que Marcus attend de moi, ce que toi tu attends de moi… C’est raté. Tu dois déjà trouver Alexia plus intéressante


Il y avait une plaie béante et purulente là, quelque part. Qu’y a-t-il pour se protéger de la folie et de la tristesse lorsque l’on est incapable de rêver ? Les chiffres et formules ne font jamais un bon bouclier contre le désespoir. Il faut oublier, essayer encore et toujours… Les nombres ne sont pas des mots, les nombres ne guérissent pas. Avait-il vraiment causé à Wesker une peine aussi grande que celle qu’Alexia lui infligeait ? Non-sens… pour lui Albert était… n’était pas… enfin ils s’affrontaient mais sans vraiment jouer sur le même niveau. Sinon il ne l’aurait jamais supporté… Et puis seigneur, il avait tant besoin de lui….

M’abandonne pas…

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MessageSujet: Re: 1982 - sale temps pour les belettes (Wesker)   Jeu 22 Avr - 15:38

Heaven and hell will be burning tonight
Covered in ashes I cry out your name
And out of the flames
We Will Rise Again
We Will Rise Again


Peut-on s'indigner de sa propre insensibilité ? Peut-on s'apercevoir que l'on est un monstre ? S'offenser de cet état, le rejeter et enfin en sortir ? Peut-on se libérer des chaines de l'inhumanité ? N'est-elle pas une trop bonne gardienne ? Aucun monstre n'est repentant, il n'y a que des faux qui regrettent. Les vrais monstres sont ceux qui acceptent leur état et le considèrent comme normal. L'inhumanité est une mère aimante, qui enveloppe ses enfants de ses bras putréfiés, de son autorité inexorable, elle les dresse, et refuse de les laisser partir. Lorsque que l'on nait de son sang, on sait que sa malédiction nous poursuivra toute notre vie, certes on peut lutter..., autrement dit, se battre contre un moulin à vent.
William s'était évanoui devant ses yeux brillants de neutralité.

Neutralité, oui, mais pas insensibilité, quoi que leur propriétaire en pense. Il n'avait pas véritablement eu l'air choqué, surpris ou paniqué. Non, ses pupilles avaient adopté, au moment précis où William s'était affalé à terre, une expression de souffrance étrange. Elle était presque invisible, pour l'humain moyen, si bien qu'il semblait atrocement indifférent à la douleur de son ami. Pourtant, si l'on avait l'oeil aiguisé et l'esprit vif, on pouvait bien y déceler une once, une si petite étincelle de souffrance. Une souffrance indescriptible et à priori inexpliquée. Seule une pensée pouvait heurter un spectateur malin. Il s'était haï, tellement haï à ce moment là que sa souffrance avait pris une forme bien distincte: la sienne. Le monstre s'apercevant qu'il est un monstre. Le monstre face à sa monstruosité. Ce moment là, il l'avait longtemps attendu, sans même le savoir.

Qu’est-ce qui c’est passé, j’ai dormi ? Mince j’ai pas fini ! J’ai même pas commencé… j’en étais où, je te l’ai dit ?

William semblait monté sur ressors. Son petit corps, cette fine lame agitée, s'était soudainement redressée, sans qu'aucun signe ne le laisse prévoir. Même Wesker, qui était pourtant difficile à surprendre, retint un mouvement de recul. Il avait ôté ses lunettes, sans vraiment savoir pourquoi, et la lumière artificielle lui brûlait les yeux. Il tourna son regard vers le malade et hésita un instant.

Tu...ne m'as rien dit. Tu dois te reposer, de toute façon.

Il n'était pas spécialement fier de son attitude, mais habitude oblige, il ne parvenait pas à feindre l'empathie. William avait beau représenter un ami respectable -de son point de vue biaisé- et admirable – de même -, il ne ressentait aucune tristesse à le voir ainsi étendu, aucun bonheur non plus. Il pensait juste que c'était «dommage», sans qu'aucune larme ne vienne lui lécher la joue. Il avait passé l'âge de se haïr pour cela. Il avait aussi passé l'âge de partir en claquant la porte. Il se contentait donc de considérer son ami avec gravité et tâchait de lui prodiguer les conseils les plus justes en une telle situation. Rien de plus, rien de moins.

Ah oui… je suis ton « Alexia », un caillou dans ta chaussure… Tu l’as pensé tout seul ou bien le professeur Marcus a eu la gentillesse de te le souffler à l’oreille ?


La remarque de son cadet passa comme un éclair dans un ciel ensolleilé. Salissant son affreuse apathie, il parvint à défigurer son visage d'une expression agacée. Il leva les yeux au ciel, alors que son vis vis les plongeait dans le carrelage, et soupira. Il faisait exprès de ne pas comprendre, inutile de s'énerver. Ce fut les poings serrés qu'il murmura à William de se taire. Ce dernier ne devait pas l'avoir entendu car il poursuivit.

Moi j’étais content, très content : j’avais quelqu’un à qui parler et qui m’écoutait vraiment… Le professeur aimait pas ça, tu te rappelles ? Tous ses sermons… On voit que c’est pas un génie, cet idiot…

Un sourire, un très léger sourire s'était dessiné sur ses lèvres alors que William ressassait ses souvenirs. Il n'irait jamais dire qu'il regrettait ce temps, mais, paradoxalement, c'était son mal-être d'autrefois qui l'avait poussé à parler au petit génie. Peut être que, si en ce temps là, il avait été plus sûr de lui, il l'aurait tout simplement ignoré. Il ne savait pas si on pouvait nommer cela «destin», il préférait ignorer ce dernier, en règle générale. D'ailleurs, il n'y a certainement pas de destin, juste des hasards heureux.

J’aurai pas pu continuer sans personne à qui parler vraiment…Ca m’aurait détruit de l’intérieur…POUF, plus rien ! Adieu Birkin ! On est beaux à discuter de la solitude … à en parler alors qu’on peut pas la supporter…


Ses yeux s'agitèrent brusquement, pauvre, pauvre Birkin qui perdait le contrôle de lui même. Il pensait égoïstement qu'il n'aimerait pas être à sa place. Puis, ses pensées égocentriques décentrèrent, il commença à s'inquiéter, ses mains tremblaient très légèrement et il se rapprochait imperceptiblement de son interlocuteur angoissé. Il n'eut pas à esquisser un geste: William tomba sur son épaule la seconde qui suivit.

Toi, tu pouvais me tuer quand tu voulais… tu peux toujours maintenant. Moi j’ai rien pour lutter contre Alexia… C’est pas juste. Je….

L'impuissance du jeune homme eût été éprouvante pour n'importe quel monstre d'insensibilité. Parce que William n'était pas un humain commun, il était incompréhensible, indéchiffrable, il était comme un enfant génial que l'on doit surveiller, couver, aider en permanence, on ne peut pas le laisser seul, et pourtant, on sait qu'il battrait n'importe qui, sur n'importe quel plan, car même physiquement, il est impossible de l'anéantir vraiment. William n'est pas un homme qui craint les coups, il n'a pas peur des blessures, son sang qui coule, sa peau cicatrisée l'indiffèrent, il semble inatteignable. Cependant, comme tout enfant génial, ses faiblesses sont là, et bien là. Capricieux, c'est lorsque que l'on détruit ses protections invisibles qu'on remarque sa tristesse, sa solitude et plus que tout encore, sa haine.
Sa haine. Contre Alexia, à ce moment là.

Tu ne vas pas tuer Alexia. On ne peut pas tuer Alexia. Tu peux la rendre inutile, inutilisable, William. Il suffit qu'on ne s'intéresse plus à elle.


Alexia était aussi invincible que lui, peut être même plus. Il se demandait souvent, inconsciemment, si elle souffrait, elle aussi. La réponse semblait évidente, quand il y songeait à tête reposée. Non, évidemment. Elle ne sentait rien, rien d'autre que la fierté, que l'orgueil écrasant, que l'amour qu'elle se portait à elle même, et par conséquent, à son frère, qu'elle sentait sans doute comme étant la partie qui lui manquait. Ses deux là étaient plus clones que jumeaux.

J’essaye, je promets que j’essaye… Je veux plaire, c’est le seul moyen pour être tranquille après tout… faire ce que Marcus attend de moi, ce que toi tu attends de moi… C’est raté. Tu dois déjà trouver Alexia plus intéressante


C'est à cet instant qu'il considéra les mains de William, farouchement agrippées à sa blouse. Elle fut tachée de sang, et il ravala un soupir agacé. Pas convenu, n'est-ce pas ? Il ne savait même plus quoi dire. L'inutile ici, avait trouvé sa personnification. Il était devenu, en quelques minutes, l'incarnation de l'impuissance, la représentation de la monstruosité humaine. Rien de très étonnant de sa part, il l'admettait, mais bon sang, qu'est-ce que ça faisait mal d'y penser ! Qu'est-ce c'était frustrant de se rapprocher autant du genre humain tout en le haïssant profondément ! Inadmissible, pour son corps un peu trop fort. Il tenta cependant, et il en avait l'habitude, de refouler toutes ces émotions inutiles. Si William s'apercevait que son assistant était une créature sans intérêt, il n'aurait plus personne. Bien que son esprit rationnel lui souffle que ça n'avait absolument rien de grave, il ne voulait pas que ça arrive. Alors il se contenait.
Si bien que le seul à trembler fut William. Lui, il se détruisait intérieurement.

M’abandonne pas…


Ce fut incroyable. Exactement comme s'il eût parlé en son nom. Il acquiesça doucement, sans que le génie ne le voie et se contenta de le prendre dans ses bras. C'était une action irraisonnée qu'il n'avait presque jamais expérimentée, et pourtant, il ne pouvait pas dire qu'elle lui déplaisait. Il avait presque l'impression de servir à quelque chose, il avait le sentiment que William se raccrochait à lui, qu'il lui faisait confiance.
C'était effrayant et agréable.

William... Tu vaux mieux qu'Alexia.


Il avait plongé ses iris dans les siens, mais ne paraissait pas le voir.

Tu es humain, William ! Tu es humain, toi ! C'est...incroyable...tu représente ce qu'Umbrella ne réussira plus jamais à produire...

Des humains intéressants ?
Des humains géniaux ?
Des humains effrayants ?

Bien plus que des armes ou des créatures mutantes...


Il regardait ses mains et se dit qu'elles seraient sans doutes plus belles gantées.

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MessageSujet: Re: 1982 - sale temps pour les belettes (Wesker)   Ven 23 Avr - 21:59

Wesker avait refermé ses bras sur lui, lui offrant ainsi la terre brûlée de son attention pour abri. Ce fut comme si une nappe de ténèbres se ferma sur ses yeux, William soupira. Un dernier tremblement agita son corps avant qu’il ne se détende. Il restait là, agrippé à son ami, mais l’angoisse disparaissait peu à peu. Ne restait que le néant. Et le néant n’était rien d’autre que cette chose universelle que l’on trouvait au commencement comme à la fin de tout. Une intemporalité géniale d’où naissait le principe même du temps, de la création. C’est dans ce cocon là que se réfugia William, bien au-delà des ténèbres. Il n’était rien, oui rien d’autre qu’un monde même pas encore créé, à peine pensé, qui ne s’inscrivait dans rien, absolument rien.
Tabula Rasa, il ne pensait plus, il ne parlait plus. Peu à peu, son cœur retrouvait un rythme normal tandis que sa respiration arrêtait d’envoyer un trop plein d’oxygène à son cerveau. De nouveau humain, il pu sentir ses muscles douloureux, sa gorge sèche et son estomac affreusement vide. Il put sentir le poids de la fatigue sur ses épaules et les traces de larmes sur ses joues, celles qu’il avait eu lors d’un précédent accès de rage. Ses mains le piquaient, le jeune homme vit ses blessures, il soupira. Néanmoins, rien n’avait d’importance, parce que rien n’existait…

Birkin ferma les yeux quelques instants, il sentit Wesker bouger contre lui. C’était là le signal, Dieu qui créé la Temporalité, Dieu qui le créé lui. Alors, il rouvrit les paupières et fit face au regard le plus inhumain qui soit. Il y avait de la vie à présent dans son regard. William VOYAIT. Il voyait le visage impassible de son ami, il voyait les yeux tellement puissants mais tellement fragiles dont l’éclat ne pouvait être décrit, même pas en formule mathématique. Il n’y a pas de combinaisons de chiffres assez complexes pour décrire la pensée humaine.

Est-ce ainsi que Prométhée parla aux hommes alors qu’il leur donnait le Feu ? Qu’ils étaient bien plus intelligents que les Dieux, bien plus puissants… Parce qu’ils étaient humains, qu’ils avaient en eux quelque chose que jamais ces comédiens divins ne pourront singer ? On peut imiter un caractère, une démarche, un tic… On ne peut pas imiter une vie.


Ses mains se détachèrent de la blouse de l’autre homme pour s’élever. Les gestes de Birkin pouvaient parfois rappeler ceux d’un enfant, une fulgurance inattendue, une insolence innocente et un but pour chaque mouvement. Les pouces aux ongles rongés s’appliquèrent sur les arcades sourcilières de son aîné. Avec douceur, le scientifique commença à masser.

Tu n’aurais pas du enlever tes lunettes, Al, il y a trop de lumière pour toi aussi et tu vas avoir la migraine. On va finir par se battre pour un foutu cachet d’aspirine et tu gagneras, parce que je sais pas comment tu fais mais même en restant enfermé avec moi 24h/24 dans ce laboratoire, tu restes musclé…


Les pensées coulaient paresseusement dans son cerveau à présent, de temps en temps une lueur de folie traversait le regard fatigué mais jamais assez pour s’inquiéter. Brusquement, William porta son poing à sa bouche pour y dissimuler un rire, tête baissé.

Mais quand même, que de compliments… Ainsi, pour toi le plus intelligent des hommes vaudrait plus que la plus intelligente des fourmis ? Je suis flatté !


Comme un enfant, il bougeait, comme un enfant, il riait. Et comme un enfant, il avait pleuré et hurlé il y a quelques minutes. Pourtant Birkin n’était rien d’autre qu’un cerveau génial dénué de tout rêve. Il n’y avait plus que l’ambition dans son univers, l’ambition et la vanité…
Le jeune homme se redressa, faisant face à Wesker. La folie s’était de nouveau sournoisement emparée de lui, il l’avait accepté à bras ouverts.

Toi aussi tu es incroyable… Tu….non, tu es génial ! On peut tout t’apprendre, tu dépasses l’humanité ! Tout ce que moi je ne pourrais pas accomplir, toi tu le pourras… Parce que je suis humain. Je… Je n’ai pas encore inventé la cure pour contrer la mort, peut être qu’un jour je le ferais ? Après tout, la mort n’est qu’une maladie comme une autre. Dans ce cas là, serais-je comme toi ? Ou alors ce… ce ‘vaccin’ sera-t-il à réserver aux personnes dans ton genre dont le corps et l’esprit dépasse tout ce qui est imaginable ? Tu es ce que je ne suis pas, tu es tout le génie qu’il me manque pour atteindre une vérité absolue parce que…parce que…


Aussitôt un éclair de rage sembla secouer l’homme. Son poing alla frapper l’un des murs de la salle, renvoyant une douleur aigue dans tout son corps. Et pourtant, William continuait de sourire.

Parce que la chair est faible, le corps n’est rien ! Je suis esclave de choses absolument ridicules, Albert ! Regarde-moi, tu sais ce dont je suis capable, la plupart des gens ici ne m’arrivent pas à la cheville, et pourtant…alors que je peux résoudre les équations les plus complexes qui soient d’un simple claquement de doigts, une migraine me met à terre ! Une putain de migraine, même si je ne veux pas dormir, même si je n’ai pas faim…. Je veux penser à mes formules à mes idées mais non, il y a juste cette irrépressible envie de m’arracher des bouts de tête, là où il y a la douleur. Impossible de se concentrer parce que ça ne part pas, CA NE PART PAS !


Le poing heurtait encore et encore le mur sale, blessant un peu plus Birkin. Birkin qui haïssait son corps de simple humain, Birkin qui cherchait à le punir à se punir… Un rire rauque déchira sa gorge.

Et toi, toi tu sembles tout vaincre… Tu n’as peut être pas mon génie mais ta constitution physique te mets au dessus de tous. Tu la connais cette sensation ? Croire que l’on touche au but, que l’on comprend… et puis l’éclair de douleur qui te transperce le crâne… Alors, plus rien…


Un sourire, des yeux fatigués, des idées... et une plaie ouverte en guise de corps, refuse-t-on à ce point le génie aux hommes?

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MessageSujet: Re: 1982 - sale temps pour les belettes (Wesker)   Lun 24 Mai - 19:31

My home is far but the rest it lies so close
With my long lost love under the black rose
You told I had the eyes of a wolf
Search them and find the beauty of the beast


Ses iris s'étaient rapidement détournés de ses mains. Il n'y avait absolument rien à voir, sinon une étendue de peau un peu trop blanche. Les passionnants mouvements de William attiraient beaucoup plus son attention. C'était exactement comme admirer la mer s'agiter, les vagues s'écraser contre les rochers, les baigneurs semblant glisser, comme emportés par un élément bien plus puissant qu'eux...c'était comme admirer la nature à l'œuvre, que voir cet humain génial penser et s'égosiller un peu. Un spectacle oh combien rare, dans son esprit. Un humain qui pensait. Quelques secondes auparavant, cette même petite créature était accrochée à sa blouse, bouillonnante de rage, mais surtout de colère et d'envie. Colère, et envie, les deux siamois qui attisaient ce côté si effrayant chez William...

Est-ce ainsi que Prométhée parla aux hommes alors qu’il leur donnait le Feu ? Qu’ils étaient bien plus intelligents que les Dieux, bien plus puissants… Parce qu’ils étaient humains, qu’ils avaient en eux quelque chose que jamais ces comédiens divins ne pourront singer ? On peut imiter un caractère, une démarche, un tic… On ne peut pas imiter une vie.


Prométhée, cet imbécile qui avait fait don du feu aux hommes, sacrifié pour sa pitié, oh, oui, sa pitié, parce que ce ne pouvait être autre chose que de la pitié qu'il l'inspirait ! Comment, comment donc un surhomme eût-il pu avoir une idée pareille, si ce n'était par insignifiante miséricorde, et non brillante compassion comme on aime s'en targuer ? Inutile sacrifice, d'un être uniquement guidé par un cœur blessé, saignant sa propre bonté.
Mais finalement, et selon la légende, aucun humain n'aurait survécu sans ce bel imbécile. Etait-il à plaindre, à blâmer ou à féliciter ? A haïr, à mépriser ou à ignorer ? De tels êtres n'existent plus, et n'ont jamais existé, l'histoire de Prométhée est une leçon, peut être la seule que l'Humanité n'ait jamais prise au sérieux: personne ne fait plus preuve de véritable compassion.
Alors Prométhée n'avait pas eu pitié. Sinon, la leçon n'aurait pas lieu d'être. Et il ne serait pas mort. Et il existerait encore. Et il n'y aurait même pas réfléchi.
Où était donc Prométhée ?

Prométhée n'a pas parlé aux Hommes, il s'est contenté de son sourire et de ses bêtes larmes.

L'astre solaire le rappela à l'ordre, alors qu'il lui tournait le dos. Douleur fugitive qui ne se contentait pas de rendre ses après midi infernaux, cependant. Le soleil, joli poignard; manche doré, décorations distinguées et lame aiguisée; habillement planté dans son dos, était une douleur permanente et sans doute éternelle. Alors; comme toutes les punitions de ce genre, il s'y était fatalement habitué. Il ne le croisait pas souvent, ce Némésis là, les laboratoires ne possédaient pas de fenêtres et les chambres se dotaient de lucarnes mal nettoyées. C'était d'autant plus surprenant de l'apercevoir au détour d'un couloir, un peu comme un animal sauvage qui le traquait en permanence.

Tu n’aurais pas du enlever tes lunettes, Al, il y a trop de lumière pour toi aussi et tu vas avoir la migraine. On va finir par se battre pour un foutu cachet d’aspirine et tu gagneras, parce que je sais pas comment tu fais mais même en restant enfermé avec moi 24h/24 dans ce laboratoire, tu restes musclé…

La paire de lunettes teintées reposait sur la table voisine, brillantes, trace visible de son passage. Les enlever était toujours instinctif, comme un geste irrépressible, et les remettre l'était d'autant plus. Jamais il ne prévoyait ces petits gestes là, et déroger à cette règle l'ennuyait, comme si, finalement, l'imprévisibilité de ces gestes constituaient une règle en soi qu'il devait absolument respecter. Il n'avait jamais pensé avec simplicité.
Alors il ne les laissa là où elles étaient et s'assis sur une chaise voisine, persuadé que William en aurait encore pour quelques heures de monologue.

Mais quand même, que de compliments… Ainsi, pour toi le plus intelligent des hommes vaudrait plus que la plus intelligente des fourmis ? Je suis flatté !

Le plus intelligent des monstres ou le plus intelligent des humains ? Jamais une question n'avait constitué une plus simple énigme. Habitué aux équations interminables et aux suites de chiffres incompréhensibles, cette question l'avait pourtant longtemps perturbé. La réponse s'imposait d'elle même, selon la Raison; la réponse était inconnue selon son esprit et son éducation lui clamait l'évidence. Trois réponses différentes. Et il en changeait souvent. Calme, il déclarait que l'un ou l'autre, le résultat serait le même; Fatigué, il choisissait le monstre; sinon il préférait l'Humain.

Mais que préférait-il préférer ? Si le monstre était efficace, l'humain possédait l'empathie. Si l'humain était flexible, le monstre était puissant. Si le monstre était infaillible, l'humain était fascinant. Seul résidait une faille dans la comparaison; le monstre c'était lui, mais qui était l'humain alors ?


Toi aussi tu es incroyable… Tu….non, tu es génial ! On peut tout t’apprendre, tu dépasses l’humanité ! Tout ce que moi je ne pourrais pas accomplir, toi tu le pourras… Parce que je suis humain. Je… Je n’ai pas encore inventé la cure pour contrer la mort, peut être qu’un jour je le ferais ? Après tout, la mort n’est qu’une maladie comme une autre. Dans ce cas là, serais-je comme toi ? Ou alors ce… ce ‘vaccin’ sera-t-il à réserver aux personnes dans ton genre dont le corps et l’esprit dépasse tout ce qui est imaginable ? Tu es ce que je ne suis pas, tu es tout le génie qu’il me manque pour atteindre une vérité absolue parce que…parce que…


William, l'Humain recherché ? L'Humain empathique, flexible et fascinant ? Assurément, biologiquement, logiquement, oui, il l'était, il était la comparaison qu'il recherchait, il était son pendant, son complémentaire, la pièce de puzzle manquante, la solution, la clef de l'énigme et la réponse à toutes ses interrogations passées. Vraiment ? Alors pourquoi ne s'en était-il pas aperçu plus tôt ? Pourquoi ne lui en avait-il jamais parlé ? Pourquoi ne prenait-il pas plus soin de lui ? Pourquoi le considérait-il comme un reflet lointain de lui même ? Pourquoi n'était-il pas plus humain ? Pourquoi n'était-il pas capable de l'aider, pourquoi échouait-il misérablement ? Qui était cet Humain, existait-il seulement ou n'était-il qu'une des milliers de chimères qu'il tentait chaque jour d'éviter ?

Je ne suis pas..
.


Parce que la chair est faible, le corps n’est rien ! Je suis esclave de choses absolument ridicules, Albert ! Regarde-moi, tu sais ce dont je suis capable, la plupart des gens ici ne m’arrivent pas à la cheville, et pourtant…alors que je peux résoudre les équations les plus complexes qui soient d’un simple claquement de doigts, une migraine me met à terre ! Une putain de migraine, même si je ne veux pas dormir, même si je n’ai pas faim…. Je veux penser à mes formules à mes idées mais non, il y a juste cette irrépressible envie de m’arracher des bouts de tête, là où il y a la douleur. Impossible de se concentrer parce que ça ne part pas, CA NE PART PAS !


La fierté était une de ces chimères là. Petit coup de vent subit, brusque et indéchiffrable qu'il était incapable de ressentir. Comme un papillon qu'on rêve d'attraper, elle lui tournait autour et le narguait follement mais ne se laissait jamais avoir. Il n'avait jamais été fier. Et c'est pour cette raison là, cette unique raison qu'il n'était guère touché par les propos de William.


Et toi, toi tu sembles tout vaincre… Tu n’as peut être pas mon génie mais ta constitution physique te mets au dessus de tous. Tu la connais cette sensation ? Croire que l’on touche au but, que l’on comprend… et puis l’éclair de douleur qui te transperce le crâne… Alors, plus rien…


….

Tu n'es pas un esclave, n'inverse pas les rôles plus longtemps, tu risques de perdre beaucoup plus vite que prévu.

Il s'était relevé depuis longtemps et faisait face à son cadet. Il ne contrôlait plus vraiment son regard et espérait rester maitre du reste aussi longtemps que sa colère le lui permettrait.

N'inverse plus les rôles, William. L'esclave, c'est moi, et ça l'a toujours été. Je suis peut être plus fort que toi, pense le, si ça peut te rassurer, ça m'est égal.

Le soleil lançait des éclairs et faisait briller les verres teintés, posés plus loin.

Je ne suis pas celui que tu crois....


Une pause brève mais marquée lui permis de les replacer devant ses yeux.

Comme si j'avais ton génie ! Moi ! Je ne suis qu'une ombre chargée de te protéger ! Le génie d'Umbrella c'est toi, toi, et Alexia.

Blesser William était devenu le cadet de ses soucis, comme toujours lorsqu'ils se disputaient, le peu d'empathie qu'il avait appris à feinter se mutait en amertume incontrôlée.

Ton échec, tu ne le dois qu'a toi même. Pas à tes migraines. Si tu veux dépasser Alexia, deviens celui que je suis censé être.


Il tournait déjà les talons.

...un monstre.


Prométhée n'a pas parlé aux Hommes, il s'est contenté de son sourire et de ses belles larmes.

A choisir, il préférait l'Humain.

For the heart I'll never have,
For the child forever gone
The music flows because it longs
For the heart I once had.

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MessageSujet: Re: 1982 - sale temps pour les belettes (Wesker)   Ven 11 Juin - 15:38

Les mots de Wesker peinaient à se frayer un chemin dans son cerveau. Méthodiquement, Birkin essaya d’analyser la situation : il se trouvait dans une impasse à cause d’Alexia et Wesker lui secouait les puces. Jusque là, cela allait, mais ensuite Wesker faisait preuve d’un comportement assez inédit : la rancœur. L’autre homme avouait que lui se trouvait bloqué depuis bien longtemps, face à lui-même. Le jeune scientifique fronça les sourcils. Ayant tous les indices de l’équation, il ne lui restait plus qu’à les classer dans le bon ordre et à effectuer les opérations requises pour trouver la solution, aussi grotesque soit-elle.

…. Tu me blâmes moi, à défaut de te blâmer toi ? Je n’y peux rien si tu as honte de toi, Albert. Ce n’est pas moi qui t’ai créé…. Ce que tu me reproches, c’est ce que tu te reproches à toi.

Le ton de sa voix s’était fit sec, pas assez d’énergie dans le corps pour hurler. Son poing était en sang et ses jambes tremblaient. Il avait besoin de s’asseoir. Birkin regarda autour de lui et remarqua la chaise. Il s’y laissa tomber. L’ombre pour le protéger, voilà ce qu’avait dit Wesker… Il regarda son ami. Perdu dans une espèce de naïveté malsaine, William n’avait jamais vraiment réfléchi à la question de ce qu’était Wesker pour lui. A vrai dire, le monde se divisait en catégories simples dans son esprit : il y avait Marcus, le mentor, il y avait les idiots du bas peuple, il y avait les sujets d’expérience et il y avait Wesker. Dernièrement, la catégorie « Alexia » s’était également ajoutée, mais il espérait bien vite la voir s’effacer. Qu’est-ce que ça voulait dire, tout ça ? Qu’il devait effacer la catégorie « Wesker » de son cerveau ?

T’es un idiot, un gamin… T’as oublié quelque chose, « Practical Al » : un monstre, c’est comme un humain. C’est un amas de cellules… Je ne suis pas philosophe, je suis scientifique. Là on te croirait prêt à pleurer comme une adolescente pour je ne sais quelle raison… Reste donc une ombre si ça te chante, moi je serais le meilleur. Je tuerais Alexia, ou alors mes créations la tueront. Non, mieux ! Son incompétence à elle, la tuera ! Ses erreurs…

Ca y est, il divaguait à nouveau. Mais la fatigue était forte, alors William avança la chaise jusqu’au bureau et y posa ses bras avant d’y enfouir sa tête. Dormir lui semblait être une solution à tout, maintenant. Notamment à l’affirmation remise en doute « Wesker = ami ? ». Le jeune homme leva les yeux vers les multiples tubes à essais disséminés un peu partout. Il y avait quelque chose de réconfortant dans cette vision…

Va t’en, Al. J’ai pas besoin de toi… J’préfère parler à un bécher plutôt qu’à toi en fait. Roi des idiots…

Il allait le perdre. Et de nouveau son visage se retrouva enfoui dans ses bras. Comme pour se cacher du monde. Par automatisme, il commença à se réciter la table de 13 dans sa tête. A l’envers. En espérant que cela couvre le bruit des pas d’Albert. Parce qu’il allait partir, pas vrai ?

A plus, amas de cellules

Tout se mélangeait dans sa tête, ses envies, ses acquis… et la migraine. Si Marcus avait vent de la scène, qu’en penserait-il ? Tant de fis il avait essayé de les séparer, tous les deux…

Marcus était un idiot.

William bondit de sa chaise et ses mains, comme des serres d’oiseau, s’agrippèrent aux épaules de Wesker. Il avait pas la force physique de le retenir, c’est sûr. Mais il n’avait pas non plus la logique lui permettant de s’en rendre compte…

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MessageSujet: Re: 1982 - sale temps pour les belettes (Wesker)   Mer 14 Juil - 0:21

HE SITS ALONE
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AS HE EMBRACES THE DARK


    L'écoutait-il encore ? Réfléchissait-il encore ? Avait-il seulement une conscience, encore ? Il lui semblait qu'il s'était évanoui il y bien longtemps, oubliant tous ses principes qui lui étaient si chers, oubliant de prendre du recul, d'analyser, de tout contrôler, de ne surtout rien dire de trop personnel, de rester calme, droit, secret, toujours, à jamais. Il avait oublié cela, et il avait oublié de rester calme. Le moindre battement de son propre coeur le faisait tressaillir, il détestait se sentir vivant, ressentir cet organe méprisable et palpitant.. c'en était dérangeant.

    …. Tu me blâmes moi, à défaut de te blâmer toi ? Je n’y peux rien si tu as honte de toi, Albert. Ce n’est pas moi qui t’ai créé…. Ce que tu me reproches, c’est ce que tu te reproches à toi.

    Et Birkin parlait. Il disait sans doute des choses plus intelligentes, plus sencées que lui, qui avait entièrement divagué. Avait-il honte de lui comme le disait William ? Non, en vérité il n'en savait rien. De son état, il n'avait pas le droit d'être fier, ce n'était pas une question de choix. Il ne pouvait simplement pas, et ça n'avait absolument aucune importance ? A-t-on besoin de fierté lorsque l'on a le pouvoir ? Marcus l'avait expérimenté après tout: son pouvoir il l'avait eu, plus que personne mais il avait été un peu trop fier pour survivre, et lui, tout monstre qu'il était, en riait encore. D'un rire amer, vengeur.

    T’es un idiot, un gamin… T’as oublié quelque chose, « Practical Al » : un monstre, c’est comme un humain. C’est un amas de cellules… Je ne suis pas philosophe, je suis scientifique. Là on te croirait prêt à pleurer comme une adolescente pour je ne sais quelle raison… Reste donc une ombre si ça te chante, moi je serais le meilleur. Je tuerais Alexia, ou alors mes créations la tueront. Non, mieux ! Son incompétence à elle, la tuera ! Ses erreurs…

    Un amas de cellules hein ? C'était bien William ça. Et au fond, il devait bien avoir raison, puisque lui avait tort. Umbrella ne demandait pas à ses monstres des remords, elle ne leur demandait que de la servir, et lui la trahirait. L'orgueil de ses créateurs seraient leur linceul, et il y veillerait bien.
    Déjà, il voulait retourner au laboratoire, déjà, il voulait travailler de nouveau, il voulait tout oublier, ce qu'il venait de se produire était une grave erreur, céder à la panique, céder à l'humain qu'il aurait du être, c'était lâche, inutile et stupide. Regrettable, honteux quelque part, comme s'il ne valait pas mieux qu'eux là, tous ceux qui, parce qu'ils portaient ces blouses blanches impeccables, se croyaient puissants.

    Va t’en, Al. J’ai pas besoin de toi… J’préfère parler à un bécher plutôt qu’à toi en fait. Roi des idiots…

    Il leva les yeux et les planta dans le regard turquoise de William, qui refusait de les soutenir. Il fixait le vague avec application, comme si le vide eût quelque réponse à lui apporter. Il se demanda brièvement s'il l'avait vexé puis se ravisa: quelle importance ? Il serait là, il serait toujours là, c'était comme impossible à effacer, et lui même le savait. Il était de ces gens que l'on rencontre, que l'on heurte, qui changent notre vie sans le vouloir et qui, lorsqu'ils essaient de partir, s'aperçoivent qu'ils sont enfermés avec nous, pour l'éternité. Jusqu'à leur mort, ils resteraient ensemble, même si ça ne signifiait rien de particulièrement réjouissant.

    A plus, amas de cellules

    Un froissement de tissu caractéristique. Belle preuve que voilà, William. Il se retourna et planta de nouveau son froid regard dans le sien, qui reflétait cette tristesse si particulière des enfants blessés.

    Ais-je dit que j'allais partir ?

    Il n'avait pas oublié Marcus. Il n'avait pas oublié ces cafards, qui avaient absolument tout fait pour les séparer.
    Et à présent il comprenait quelle importance ça avait. On ne sépare pas deux génies comme ça, ils avaient crée des monstres et en avaient payé les conséquences, si on les séparaient, ils mordaient.
    Et pourquoi ?
    Juste par instinct, par attachement ? Ou de façon plus pragmatique, parce qu'ils avaient chacun besoin de l'autre pour détruire Umbrella, ou pour s'échapper ? Ou pour réussir l'impossible ? Pour toucher du doigt un morbide idéal ?
    Il ne savait pas vraiment. Ce qu'il savait, c'est qu'il ne laisserait pas ses propres états d'âmes les séparer.

    Et tu me sers trop fort, tu risques d'arracher le coton bon marché de ma blouse.


    Il avait prononcé les mots bon marché avec un tel mépris qu'il s'en étonnait. Il devrait songer à investir, ou plutôt à «emprunter» une nouvelle blouse.
    Comme pour un nouveau départ ?

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MessageSujet: Re: 1982 - sale temps pour les belettes (Wesker)   Mer 14 Juil - 22:47

C’est pas les filles qui sont sensées se plaindre de leurs vêtements ?

Envolé le gros chagrin, parce qu’Albert avait dit qu’il restait. Et surtout, parce que William le croyait. Wesker ne lui avait encore jamais menti, la possibilité qu’un jour pourtant ce serait le cas, ne venait même pas effleurer son cerveau.
Lentement il se détacha, les doigts crispés eurent malgré tout du mal à lâcher la blouse. Mais Albert restait là, Albert le regardait. Alors, comme le font les enfants de dix ans, Birkin sourit. Un énorme sourire aussi innocent qu’enthousiaste. C’est tout.
Mais sur son front subsistait néanmoins l’ombre des soucis à venir. Alexia existait toujours et il n’avait bien que Wesker pour lui servir d’allié.
La route était encore longue jusque…jusque quoi, la réussite ? Il fallait rester debout jusqu’au bout et marcher, oui marcher encore.

Sortons d’ici…

Il avait encore beaucoup à faire, tellement de formules à décrypter ; tellement également à inventer. Pareil pour Wesker, ils avaient le même genre de boulot. Juste qu’ils se faisaient pas concurrence. Plus maintenant. Peut être que cela recommencerait un jour, peut être pas. En attendant, un problème plus grave se présenta aux yeux de WilliaM ;
Il se mordit la lèvre, espérant que cela allait passer, mais non. Alors le jeune homme se saisit de la manche de son aîné et osa le regarder droit dans les yeux pour quelques instants, à peine le temps d’une seconde à vrai dire.

Je…J’ai faim je crois…

Il semblerait que cette simple déclaration le remplissait de honte. Finalement, après un silence auquel tous deux laissèrent le temps de s’installer, Birkin parla à nouveau. A présent que les traits de son visage s’étaient détendus sans aucune lumière malsaine pour les éclairer, il paraissait jeune, il paraissait fatigué. Maigrelet, nerveux, un simple coup de vent semblait pouvoir l’emporter au loin.

…. J’ai le droit d’aller manger un peu ? Promis je mets pas beaucoup de temps… Tu surveilleras le labo ?

Il guetta une approbation, une parole, un signe de tête. Il n’eut qu’un regard. Cela lui suffit, William sourit une dernière fois et s’éloigna en trottinant. Un sursaut nerveux suffit à le faire se retourner une dernière fois

Ah, et dit aux autres que tous ceux que j’entends mentionner Alexia Ashford finiront comme cobayes humains, ok ?

Le jeune homme effectua une pirouette juste avant de se prendre un mur et disparut du champ de vision de Wesker.
Non pas en paix avec lui-même, ça il doutait de l’être un jour, mais réconforté de ne pas être abandonné et seul, Birkin se sentait d’aplomb pour la suite des évènements. En réalité il ne l’était pas, mais cela ne se saurait que dans quelques heures.
La déshydratation et la faim faisant leurs oeuvres, William aura un énième malaise accompagné de perte de conscience. Il lui faudra un certain temps avant de se réveiller. Wesker ne sera pas à ses côtés, Wesker n’était jamais à ses côtés lorsque ses évanouissements duraient longtemps. A nouveau, Birkin s’empoisonnera à la simple pensée d’Alexia. Alexia qui ne tombait pas dans les pommes, elle. Alexia qui continuait ses réussites<. Disparu le maigre réconfort apporté par Wesker et ses mots de fiel. Des phrases creuses mais si pleines de sens à la fois. Il faudrait travailler encore et toujours, jusqu’à se ruiner la santé encore plus. Pas de temps à perdre, cela on en était toujours puni. Continuer encore et encore et se fermer du monde…

Cela durerait bien quelques années.

Prêt pour le jeu, Alexia ? Un deux, trois…PARTEZ !
A celui de nous deux qui mourra le premier..

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1982 - sale temps pour les belettes (Wesker)

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