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 1977 - Te souviens-tu ?... [PV Birkin]

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Rourke Emerson

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MessageSujet: 1977 - Te souviens-tu ?... [PV Birkin]   Dim 27 Juin - 18:28

1977, Manoir Spencer, un vendredi matin.

La fin de l'innocence venait d'être tout nettement et réellement déclarée.
Rourke avait gardé ne serait-ce que ce semblant d'espoir, cet infime certitude qu'il pourrait encore briller là où d'autres, plus vieux, plus expérimentés, échouaient. Cette part de fierté due à sa jeunesse qui le rendait si intreprenant, si sûr de lui, si apte au succès, lui conférant ainsi une réelle confiance en sa capacité de meneur de projet... Lui qui, a vingt ans, dirigeait des hommes et des femmes qui en avaient facile le double. Lui qui ne laissait jamais entrevoir une seule ombre au tableau de son palmarès, hormis peut-être celle d'être bien trop présomptueux.
C'était bien avant que le nouveau arrive, bien avant qu'il ne fasse son apparition et n'anéantisse tous ses rêves d'être un jour primé pour avoir été le plus jeune chercheur de toute la compagnie.

William Birkin était arrivé...
Et il avait tout le fringuant d'un jeune de son âge, la maturité en moins, la fougue exacerbée en plus, de celle qui vous fait rire et songer "qu'il ne tiendra pas deux jours avant de se faire balayer". Bien mal vous en prit de penser cela, puisque ce n'est pas deux jours que le jeune Docteur Birkin parvint à tenir... c'est deux mois. Ses talents, son génie avaient fait l'unanimité. Certes, il était turbulent, mais on comptait sur la tempérence et le sérieux d'Albert Wesker, son collègue, pour rééquilibrer la balance. Il n'avait pas eu besoin de déployer ses charmes, de cireur des pompes, d'offrir des pots de vin pour plaire, et ce qui écoeurait le plus le jeune Dr Emerson, était que lui aussi n'avait pas eu besoin de faire trop d'efforts pour être apprécié voire admiré. Birkin se battait avec les mêmes armes sur le même terrain tout en portant sur lui un avantage de taille : il était plus jeune que lui de quatre ans. Quatre bon sang d'années ! Ca n'était pas rien pour lui, à l'époque, à cette époque. Cela comptait même énormément -un peu comme pour ces vedettes du Football au bord de la retraite et qui voient arriver le futur espoir du championnat. Il avait, dans la bouche, un arrière-goût de "tu es fini".

Cependant, Rourke, du fait de ses jeunes années malgré tout, avait une très forte tendance à se monter la tête. Et ainsi de dérivations en dérivations et de méfiance en méfiance, il en était venu à fuir aussi bien Birkin que Wesker comme la peste. L'autre avec son maintien impeccable et sa déambulation de robot lui faisait froid dans le dos, quand à Birkin, il avait cette douceur, cette mièvreté dans le physique qui faisait craindre ensuite le moindre de ses rires tant ils semblaient anormaux et soudains. Emerson avait associé cela à de la "dulce locura" - la douce folie. Sans pour autan s'occuper de sa paranoïa allant grandissante...
Ce ne fut qu'un vendredi matin qu'il prit la décision de se rendre au réfectoire et de faire ce que toute personne normale appelait : "un peu de relation sociale". A force de vivre replié sur lui-même et sur ses expériences, il en était venu à méconnaître et donc craindre n'importe qui, soupçonnant l'un ou l'autre de ses coéquipiers de travailler, non pas à ses recherches biologiques, mais à sa perte. Néanmoins, de ce côté-là, il pouvait être tranquille : la moitié était soumise et suffisamment abrutie pour s'avérer docile. La menace n'était pas ici mais ailleurs...
Ce midi donc, il sortit de ses locaux pour monter jusqu'au réfectoire, croisant quelques hères de son étage qui s'étonnèrent, bien gentiment, de le voir "sortir de sa grotte" comme ils dirent et se joindre à eux. Par habitude, Rourke leur adressa à peine un sourire puis partit bille en tête, sans se préoccuper d'autre chose que de se substanter. Après il repartait à ces justes expériences et en aurait fini avec les railleries et les messes basses.

C'était lui où tout le monde s'était donné le mot là ? Lors de son arrivée, beaucoup de têtes se redressèrent de leur plateau et beaucoup de curieux se retournèrent de ce qu'ils étaient en train de choisir. Evidemment et comme il s'y attendait, il fut l'objet des attentions aussi bien que des chuchotements d'oreille et autres regards insistants. C'était simple : plus il avançait vers la rampe pour plateau, plus les gens parlaient de lui. A croire qu'il revenait d'outre-tombe... Dans un sens, c'était peut-être vrai. A leurs yeux seulement puisqu'il faisait là un réel effort de "réinsertion dans le cadre socio-professionnel". Oh, ils avaient dû le remarquer, cela allait sans dire. Et peut-être même étaient-ils jaloux ? Peut-être qu'ils croyaient l'avoir bel et bien enterré ? Qu'enfin ils étaient tranquilles, débarrassés de sa présence ? Une voix bourrue lui parvint jusqu'aux oreilles :

"Chou-fleur ou haricots ?".

Il redressa les yeux et secoua la tête, comme au sortir de ses réflexions, puis jaugea un instant la chargée de réfectoire dont l'air patibulaire laissait présager que ce n'était pas sa journée à elle non plus. Rourke désigna d'un doigt timide les haricots, maudissant les effets désagréables de l'un et l'autre de ces légumes...
Il venait de retrouver la véritable raison de sa désertion de la cafétéria finalement. Plus le temps d'y penser que déjà on lui offrait une pleine ventrée de haricots blancs avec deux ou trois saucisses baignant littéralement dans la graisse. Lui qui ne s'octroyait à peine qu'un morceau de sandwich et une orange... Il remballa son plateau et fila à une table toute proche ou quelques de ses connaissances, dont les personnes travaillant avec lui, avaient déjà pris place. Ca lui ferait l'occasion d'entamer la conversation sur un autre sujet que "comment allon-nous procéder à l'ablation des tissus affectés ?". Et puis cela ferait montre de son intérêt à leur faire plaisir en venant, pour une fois, se joindre à eux et leur repas. Quelle ne fut pas leur surprise lorsque, sur un demi sourire gêné, il vint s'installer et recevoir les acolades des plus bourrus... mais surtout des plus heureux.

Il mâchonnait son pain tranquillement, riant de quelques blagues vaseuses par-ci par-là, lorsque le radar qu'il avait planté dans la tête détecta une entrée peu ordinaire. Un jeune homme blond et frêle venait de faire son apparition -et il était visiblement seul. Il cherchait à se munir d'un plateau, lorsqu'un homme, un autre laborantin du nom de Sander, lui passa littéralement devant tout en ricanant et arrangeant des coups d'oeil coquin à ses autres comparses. Ce foutu secteur de recherche en micro-bactériologie avait aussi son lot d'attardés mentaux. Rourke n'y fit pas plus attention que cela lorsque le gros caïd s'approcha à nouveau du petit blond et lui fit délibérément tomber son plateau. Le réfectoire le remarqua, on s'échangea des regards amusés, des gloussements, des sourires dans l'attente de ce qu'allait maintenant faire l'un ou l'autre. Le Docteur Sander s'apprêtait à riposter lorsqu'il se leva immédiatement, s'interposant entre les deux hommes et décochant un vif regard à son collègue de deux mètres de haut... enfin vif regard au niveau de sa poitrine. Ils faisaient nettement pas la même taille. Il ravala sa salive le plus discrètement possible et s'arrangea un semblant de bonhomie à l'égard de Sander.

"S'il te plaît, tu peux le laisser ?".

Tout le monde avait plus ou moins pris l'habitude de tutoyer Sander. C'était presque une coutume, un "savoir-vivre" comme il le revendiquait si bien. Sander était un homme du Sud -le genre qui aurait très bien pu monter sur un cheval blanc, encagoulé de la même couleur, et battre la campagne à la recherche de deux ou trois maisons d'Afro-américaines à cramer. En somme, Sander était une brute. Ni plus, ni moins. Et lui, avec ses 78 kilos tout mouillé et son mètre 80 sur la pointe des pieds, ne ferait sans doute pas le poids... Il s'octroya un pauvre sourire, comme de connivence :

"Laisse-le, il est nouveau. Il connaît pas bien".

"Ce garçon ne s'est pas proposé de me céder sa place, souffla sa voix de buffle, les anciens ont quand même droit à certains privilèges...".

Odieux ce ton soutenu chez cet ogre dévoreur de petits enfants. Mais Rourke lui tint tête, même s'il trouvait qu'il n'avait pas tout à fait tort...

"Il est nouveau, tu le sais".

"L'éducation n'est pas une question d'ancienneté dans une entreprise, que je sache !".

Là, le ton était monté plus haut. Mais Emerson répliqua, ferme :

"Je le maintiens : il est nouveau. Par contre, la bêtise humaine et ses enfantillages, se retrouvent à tout âge".

Et il coula un regard à Sander avant d'entraîner Birkin plus en retrait :

"Et chez toutes personnes".

En retrait histoire qu'aucun ne puisse réagir et que Sander reste définitivement sur son impression, laissé exempt et impuissant d'une quelconque riposte. Ca s'appelait fuir ça ? Tiens donc, il n'avait jamais appelé ceci comme cela !
En réalité, il n'arrivait pas à savoir...
Lequel des deux, entre Sander et Birkin, auraient fait le plus de dégâts ?





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